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Archive pour déc
Un bilan de la liberté religieuse en France
30.12.2008 by admin.
Extrait : Un bilan de la liberté religieuse en France
« Vaste programme » pour reprendre une formule du Général de Gaulle.
Je souhaite simplement évoquer quelques thèmes de réflexion portant :
- d’une part sur « l’état des lieux » ;
- d’autre part sur l’avenir à court et moyen termes.
Trois remarques préalables :
Première remarque : En France, pays de droit écrit, les textes protégeant la LR ne font pas défaut. En ne s’attachant qu’aux textes fondamentaux citons :
- l’article 10 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26/08/1789 selon lequel :
« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses. »
Il est vrai que les liberticides s’attachent surtout à la deuxième partie de cet article, à savoir : « pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public ».
L’ordre public est par nature une notion qui fluctue selon l’état de la société. Dans l’esprit des anti-religieux, elle devient discrétionnaire, voire totalitaire.
Un tel désaccord se retrouve au niveau international s’agissant de la déclaration universelle des droits de l’homme. Les démocraties libérales et les dictatures n’ont pas les mêmes conceptions quant au sens et au contenu des libertés :
- la loi du 9/12/1905 dite de séparation des Églises et de l’État qui dispose en son article 1er que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».
Dès lors, la République laïque doit s’interdire toute discrimination, notamment celle qui pourrait se produire entre Églises établies et sectes.
De l’avis général, le bénéfice de ce texte législatif n’est nullement limité aux cultes qui existaient en 1905.
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Espace l’Harmattan : Lundi 22 décembre 2008
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La situation en France
15.12.2008 by admin.
Intervention du 17 mai 2008, au colloque de CAP Liberté de Conscience
La situation en France
Je m’insurge contre la banalisation d’une situation dominée par des structures associatives (Unadfi) et étatiques (Miviludes) intolérantes, pétries de préjugés et dont les comportements discriminatoires génèrent :
- des divisions sociales,
- l’exclusion de la société de personnes dont le seul grief est de vouloir choisir leur mode de vie, de refuser le « prêt à penser » standard,
- la montée de totalitarismes
(liste non exhaustive)
La société française est suffisamment atomisée sans qu’il soit besoin d’y ajouter de nouveaux prétextes de conflit entre ses membres.
L’épouvantail des « sectes » est un fonds de commerce créé par l’Unadfi et aujourd’hui exploité par quelques politiciens en mal de renommée. Je doute que les grands hommes du passé se soient engagés et discrédités dans une telle croisade d’un autre âge. Les de Gaulle, Jaurès, Blum… étaient des visionnaires et avaient un autre niveau de conscience. Ils ont su marquer de leur empreinte l’Histoire.
Qu’il y ait des sectes, et d’une façon générale des organisations dangereuses, constitue une réalité malheureusement incontestable. Mais notre arsenal juridique et répressif est suffisamment étoffé pour parer à toutes les éventualités sans qu’il soit utile de le doubler de commissions parlementaires ou d’une quelconque association dite « d’utilité publique » largement subventionnée par des fonds publics (une véritable hérésie républicaine !).
Comment ces organismes parallèles peuvent-ils étudier et comprendre un phénomène aussi complexe que celui des nouveaux mouvements religieux, spirituels, thérapeutiques, philosophiques… dans la mesure où ils se privent du concours de personnalités compétentes et neutres : historiens des religions, sociologues, psychologues, juristes, médecins… Je pourrais donner le nom d’une vingtaine de spécialistes français qui ont acquis une autorité internationale et qui éclaireraient utilement les travaux de la Miviludes. En se privant de leurs services, le dossier dit des « sectes » végète, entache l’image de la France et, sous la direction de néophytes, se transforme en un véritable salmigondis.
En France, dans le climat actuel, tout ce qui n’est pas conventionnel devient suspect et, par voie de conséquence, condamnable car contraire à la tentative d’uniformisation entreprise par la pensée unique. Cette dernière se caractérise par des cordes vocales bruyantes et des membres puissamment armés, mais aussi par une profonde surdité et une incroyable cécité.
Cécité dans la mesure où le thème des « sectes » ne suscite guère l’intérêt de l’opinion publique. Les Français, avec beaucoup de bon sens (notamment le sens des priorités) ont pris leurs distances (voire le large) sur un sujet éculé et d’un autre âge.
Les véritables sujets de préoccupation sont d’une autre dimension. Au plan mondial Ils s’appellent réchauffement climatique, crise alimentaire, grippe aviaire, prolifération nucléaire, criminalité, coût de la vie, terrorisme… Ajoutons à cet ensemble un zeste de problèmes purement français (déficits et endettement publics, augmentation des inégalités, chômage, vie chère, banlieues…) et, sans pessimisme excessif, nous pouvons affirmer que « la coupe est pleine » (« Mais à part ça madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien… »). Tout personne dotée de bon sens admettra que la question dite des croyances et pratiques minoritaires n’est ni prioritaire ni mobilisatrice.
Le thème dit des « sectes » est dès lors pour le moins déplacé. Les Français sont plus à la recherche de solidarité, d’amitié, de paix sociale que de divisions, de discriminations et de guerres civiles.
Surdité car les derniers rapports de la commission parlementaire sur les sectes (2006) et de la Miviludes (2007) confirment cet handicap d’audition. On écoute, mais on n’entend pas. Ainsi, en 2006, le témoignage de hauts fonctionnaires appartenant à cinq grands ministères ont été totalement occultés par les parlementaires. Ces agents publics, qui sont au contact des réalités quotidiennes, ont pourtant été très explicites et ont déclaré que les enfants dont les parents sont membres d’organisations qualifiées de « sectes » ne constituaient nullement un sujet d’inquiétude. Malheureusement, cette vérité est difficile à faire passer lorsque votre interlocuteur (notez que je ne dis pas « auditeur ») est animé de préjugés.
Inquiétant ? Lamentable ? Triste ? Original ? Burlesque ?… Chacun appréciera.
En tout état de cause, il est de temps de réagir.
L’ACTION A ENTREPRENDRE
Il existe de solides arguments pour remettre en cause le statut de la Miviludes et l’utilité publique de l’Unadfi (utilité publique accordée par un décret de 1996, à une époque où soufflait un vent de folie collective).
Il faut aujourd’hui porter l’action sur la façon dont cette utilité publique est utilisée. A cette fin, nous allons solliciter votre collaboration. Il vous appartient de nous faire remonter tous les dossiers des personnes, tant physiques que morales, qui s’estiment (à tort ou à raison) victimes du climat de discrimination engendré par l’action des organismes évoqués.******Ces dossiers individuels, rigoureusement sélectionnés, ainsi que plusieurs décisions pénales condamnant des dirigeants des ADFI et de l’Unadfi, seront adressés au gouvernement (le ministère de l’intérieur plus exactement) aux fins de retrait de l’utilité publique accordée de façon inconsidérée à l’Unadfi.
Cette victoire sera plus que symbolique. Elle conduira inévitablement la Miviludes, si elle veut survivre, à tempérer sa fougue, son zèle et, qui sait, à se doter d’un appareil auditif et d’une bonne paire de lunettes.
Au terme de cette odyssée, quelle sera la situation ?
1 L’Unadfi redeviendra une simple association loi 1901.
Association dont je ne conteste ni l’existence, et je vais en surprendre, ni la raison d’être. Il existe des groupements et des comportements dangereux et contraire à l’ordre public, c’est incontestable. Mais, ces derniers ne sont pas limités aux domaines religieux, culturel, thérapeutiques… Le contradictoire et les contre-pouvoirs sont indispensables au sein d’une démocratie libérale, encore faut-il qu’ils soient tolérants, respectueux du droit à la différence et des libertés publiques.
2 Le statut de la Miviludes sera revu au regard des principes constitutionnels.
Rappelons que le principe de laïcité figure en bonne place dans notre Constitution : « La France est une République laïque ».
Principe de laïcité selon lequel l’Etat s’interdit d’établir des distinctions entre les croyances, d’accorder un statut de religion officielle à certains cultes et de le refuser à d’autres. Et pourtant, nous aboutissons à un tel résultat de par l’action conjuguée d’associations privées subventionnées sur fonds publics (l’Unadfi), d’organismes publics hybrides (Miviludes) et de commissions parlementaires anti-constitutionnelles.
La distinction opérée entre « religions » et « sectes » viole le principe de laïcité et rétablit le régime du Concordat napoléonien. Chasse aux sorcières de type moyenâgeux ! Règles inspirées du Premier Empire ! Décidément la France est tournée vers l’avenir et entend assumer son rôle historique de « Patrie des droits de l’Homme »…
Compte tenu de ces remarques, la Miviludes se doit d’être dissoute ou d’être « recadrée ». Son objet doit être recentré pour éviter les dérives discriminatoires et… sectaires. Elle doit respecter une éthique et assainir ses méthodes et pratiques. Enfin, il conviendra de prévoir l’entrée de personnalités indépendantes et… compétentes.
Ces modifications opérées, la mission interministérielle pourra alors se pencher avec sérieux et efficacité sur le dossier dit « des dérives sectaires », champ d’investigation très large qui se doit d’appréhender le milieu politique, certaine obédiences franc-maçonniques au sein desquelles le statut des femmes semble poser problème…
La Miviludes découvrira alors que le mot « secte » n’a rien de péjoratif, qu’il s’agit d’un phénomène de société (le produit), né d’une crise de civilisation (la vraie cause) Evidente réalité que clament depuis des décennies de nombreux chercheurs, sociologues, historiens, juristes, psychologues, religieux… Elle découvrira par ailleurs que certaines Eglises qu’elle qualifie de « sectes » (au sens péjoratif du terme)sont en réalité d’authentiques et respectables religieux reconnues par les juridictions nationales et internationales (Cour européenne des droits de l’Homme).
J’espère ne pas avoir à plagier Luther King et dire : « J’ai fait un rêve ».
Il vous appartient, en tout état de cause, d’en faire une réalité….
les actes du colloque (PDF) : Colloque CAP LC 2008
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