Archive pour sept  

« AU NOM DE LA LOI… »

Non, il ne s’agit pas d’un remake du feuilleton dans lequel s’est illustré Steve Mac Queen.

Quelques pensées me viennent à l’esprit après avoir lu l’excellent article de Paul Vinel intitulé « Jours de folie au Parlement ».

Beaucoup déplorent « l’absentéisme » de nos élus aux sessions parlementaires, mais cet absentéisme n’est-il pas en fin de compte salutaire ? En tout état de cause, sa généralisation éviterait une inflation législative source de complexité de la vie juridique ou le quantitatif supplante le qualitatif, et surtout la confusion qui a entouré le vote de l’article 124 contenu dans la loi dite (doux euphémisme) de « simplification du droit ».

Curieux tout de même ! Les parlementaires veulent « simplifier » le droit et, dans la foulée, une disposition douteuse et particulièrement « ciblée » disparait. Ne serions-nous pas en présence d’un « acte manqué »  En supprimant la possibilité de dissoudre une personne morale en cas d’escroquerie, les parlementaires n’ont-ils pas dévoilé un conflit inconscient ? Cette guerre d’un autre âge (« la Guerre de Trente ans » qui, si elle se poursuit va devenir « la Guerre de Cent ans ») déclarée à l’encontre des minorités ne commence-t-elle pas à indisposer les vrais parlementaires, ceux qui sont attachés aux valeurs républicaines et démocratiques ?

N’oublions pas qu’un « acte manqué » est en réalité un acte réussi. Selon Wikipedia : « Il s’agit en fait de la réalisation d’un désir inconscient. Le sujet croit échouer mais éprouve une satisfaction pulsionnelle inconsciente » (…) La volonté consciente de faire quelque chose se trouve alors perturbée par le désir, à demi-inconscient, de faire autre chose. Freud y voyait un signe révélant une expression inconsciente. Ainsi, les députés qui habituellement dorment se sont réveillés et ont accédé à cet état « demi-inconscient » qui a permis d’évacuer un texte discutable. Ils ont été rejoints par leurs pairs qui ont fait fi de leur volonté consciente qui leur commandait autre chose.

Si tel est le cas,  il ne s’agirait pas de « Jours de folie au Parlement » mais plutôt de« Jour d’Indépendance » (Independance Day). Le Jour où, même inconsciemment, les députés reprennent leurs prérogatives et font prévaloir le bon sens, la tolérance et le Droit.

Finalement, n’est-ce pas l’explication à cette péripétie pour le moins burlesque ?

Il existe une autre explication. Elle est beaucoup moins flatteuse. Elle provient de Pierre-Joseph Proudhon qui écrivait à la fin du 19è siècle :

“Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle Assemblée nationale pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l’état d’un pays sont presque toujours ceux qui le représentent”

Tout compte fait, je préfère mon interprétation des évènements. Et vous ?

Miviludes …. Le sacre de Reims

Sacre de ReimsMIVILUDES…
LE SACRE DE REIMS

Outre la conversion de Clovis, de nombreux rois ont été sacrés ou couronnés à Reims : Philippe Auguste, Louis IX, Henri III, Charles X.

Sans aucun doute inspirée par ces précédents, la Miviludes dans son immense égo et sa volonté de rétablir une monarchie absolue, celle de la pensée unique, voit aujourd’hui à Reims le couronnement de son action de laminage des libertés. Comment ?

Une banale affaire qui débute en 2004 à Reims au sein des services de l’aide sociale à l’enfance (ASE) du conseil général de la Marne. Trois éducateurs appartenant à ce service sont « accusés » d’appartenir à une secte. Première aberration ! En quoi l’appartenance à un mouvement culturel, cultuel, philosophique… serait constitutive d’une infraction, du moins dans une démocratie libérale, ce qui est encore le cas, du moins je l’espère, pour la France ? Cette appartenance serait préjudiciable aux enfants confiés à l’ASE ! Si tel était le cas, « l’intérêt de l’enfant » permettait de se séparer de tout agent public incompétent ou fautif selon les procédures propres à la fonction publique mutation voire radiation…

aberration ! Une éducatrice, considérée comme la « tête pensante » (lisez « la gourelle ») est incarcérée pendant plus de trois mois. Troisième aberration !

Aujourd’hui, cinq ans après, un juge d’instruction (vous savez, ce magistrat dont on envisage la disparition…) vient de dénouer cette (triste et lamentable) affaire. Les deux policiers chargés de cette affaire ont purement et simplement affabulé et monté de toutes pièces ce dossier. Quatrième aberration ! Bravo le code de déontologie policière qui fait obligation aux policiers de respecter les principes républicains et les libertés consacrées par notre Constitution.

Ces aberrations aux allures de monstruosités évoquées, reste l’odieux. Il se situe à un autre niveau. Celui des responsables nationaux qui ont mis en place et qui financent depuis des lustres des structures chargées de traquer les minorités, qui ont confisqué l’appareil d’Etat au profit de leurs thèses extrémistes, qui infiltrent les services publics et exercent de puissantes pressions sur les fonctionnaires par le biais de guides, de formations, de directives… afin de les transformer en chasseurs des pensées et pratiques non conformes. Nous voyons aujourd’hui le résultat de cette dérive de nos institutions avec le naufrage de Reims.

Policiers fautifs ? Certainement ! Ils relèvent du pénal et du disciplinaire. Mais les vrais responsables sont ceux qui ; de façon réfléchie mènent avec froideur une politique de discrimination qui, tôt ou tard, débouchera sur un drame. L’affaire de Reims ne constitue que les prémices d’une chronique écrite d’avance.

Optimiste par nature, je me dis que Reims a aussi été le témoin de la défaite de forces obscures. C’était le 7 mai 1945, le général américain Dwight Eisenhower recevait la capitulation sans condition des représentants de l’Allemagne. Compte tenu de cette chronologie, tous les espoirs sont permis. Le destin de Reims, grand lieu de l’Histoire, pourrait bien se poursuivre…

Pour la « petite histoire », la mère de Dwight Eisenhower était chrétienne Témoin de Jéhovah, son père était Mennonite ? Deux religions minoritaires qui ne sont pas en « odeur de sainteté » auprès de nos pourfendeurs de libertés. Pourtant, la contribution de ces deux cultes minoritaires à l’éducation de ce général américain, qui était très aimé de ses hommes pour ses qualités humaines, a été pour le moins déterminante…

« Douce France, oui berceau de mon enfance » (chanson de Charles Trenet)

Christian Paturel

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