Des décennies d’imprévoyance

Déc 8, 2015 by

« Les sanglots longs des violons de l’automne

Blessent mon cœur d’une langueur monotone

Tout suffocant et blême, quand sonne l’heure

Je me souviens des jours anciens et je pleure »

(Paul Verlaine)

parisTrès joli poème que les Alliés utilisèrent pour annoncer le Débarquement du 6 juin 1944 et que différents chanteurs reprirent par la suite (Gainsbourg, Brassens, Trenet…).

Des décennies d’imprévoyance

Le drame du 13 novembre 2015 a plongé la France, l’Europe et le monde dans le deuil. Cette date et ces évènements resteront inscrits dans toutes les mémoires. 130 morts ! 130 personnes désarmées, lâchement assassinées par des fanatiques qui se revendiquent d’un Islam falsifié, d’un Coran qu’ils n’ont certainement jamais lu et qui jettent le discrédit sur toute une population musulmane qui pratique sa religion de façon respectable. Ce terrible bilan risque malheureusement de s’aggraver.

Ce monstre pseudo-religieux s’est développé en France au cours des deux dernières décennies. Les pouvoirs publics n’ont rien vu venir, n’ont absolument pas discerné le danger qui montait, qui grossissait, qui s’armait, qui gangrénait la France. Dès 1996, lorsque le RAID démantelait des cellules terroristes, les responsables interdisaient de prononcer le mot « terroristes islamiques ». Il fallait uniquement évoquer des « bandits ». Pourquoi pas : « de simples voleurs à la tire » ! Il est vrai que nos responsables de tous bords et nos médias étaient trop occupés à pourchasser le petit gibier, à savoir les minorités religieuses qui déplaisaient, qui à la Franc-maçonnerie, qui à de gros intérêts financiers compte tenu du mode de vie qu’elles prônaient, qui… D’où la mise en place de structures, notamment de la Miviludes, de l’Unadfi, et la multiplication de rapports parlementaires, d’émissions médiatiques tronquées… C’est ainsi que la veille ou l’avant veille de ce dramatique 13 novembre, une chaîne de télévision avait programmé un énième documentaire sur la… Scientologie ! Sujet au goût de réchauffé et qui, en tout état de cause, n’intéresse pas le public. Visiblement, ce média ne sonne pas à l’heure ce qui constitue une faute professionnelle.

Je précise que je ne suis ni Scientologue, ni de droite, ni de gauche, ni… Je suis politiquement neutre, ce qui d’une part ne m’interdit pas d’observer et d’avoir un avis et d’autre part, m’évite d’être une girouette électorale.

L’impérieuse nécessité de protéger les civils

paris1Aujourd’hui le mal est fait, ou plus exactement il est arrivé sur notre sol et la population civile paye le prix fort de l’insouciance, de la cécité, de l’imprudence de ses dirigeants. « La France est en guerre », nous dit-on ! Mais elle était déjà en guerre depuis de nombreuses années, dès les premières interventions en Afrique et au Moyen-Orient. La différence, et elle est de taille, c’est que la guerre nous a rattrapés et vient frapper nos familles, nos amis, nos voisins. Comment un tel carnage a-t-il pu se produire le 13 novembre dernier ? Tout simplement parce que nos guerres étrangères n’étaient accompagnées d’aucun dispositif sécuritaire destiné à protéger la population civile, comme l’ont fait les Américains et les Israéliens. Mesure qui devait être un préalable au déclenchement des hostilités extérieures. Pire, les effectifs des forces de l’ordre ont été réduits dans des proportions considérables. Indépendamment de son caractère légitime ou non, une guerre se prépare, se double d’une défense civile comme c’était le cas en Angleterre dès… 1940. En France rien de semblable, on a sous estimé l’adversaire. On connaît aujourd’hui le résultat !

Les remparts face à cette déferlante

paris2Aujourd’hui, ce sont les policiers, les gendarmes et les militaires qui assument la dure tâche d’endiguer le terrorisme, de pallier aux erreurs commises dans le passé, le tout avec des effectifs qui ont été réduits au fil des années. Souhaitons que la gratitude de la population à l’égard de ces personnels se traduise par un CDI sans dénonciation possible et non par des CDD à très court terme que l’on met en place lors de chaque « coup dur ».

Les personnels médicaux, eux-mêmes en manque cruel de personnels, doivent panser les plaies, soigner les blessés, constater les décès et…pleurer avec les familles.

Face à ce danger, nous découvrons une classe politique divisée qui se regroupe uniquement dans le cadre de vibrantes « Marseillaise ». Nos visionnaires français ont la vue courte, ce ne sont pas les poètes évoqués par Jean Ferrat : « le poète a toujours raison qui voit plus haut que l’horizon » (chanson « la femme est l’avenir de l’homme »).

Jusqu’à ce jour, les terroristes transitaient librement, avec « armes et bagages », d’un Etat à l’autre. Toutes les déclarations et discours, d’où qu’ils proviennent, ne feront pas disparaître le sentiment d’insécurité de la population. « On ne change pas la société à coup de décrets ».

Les clameurs se sont tues !

De grands ténors (pour rester poli) qui occupaient largement la scène médiatique lorsqu’il s’agissait de dénoncer des minorités religieuses pacifiques (Témoins de Jéhovah, Scientologues, groupes protestants.., des communautés écologiques, des groupements philosophiques, les médecines parallèles, les sectes… sont curieusement aphones. Où sont passés nos Fenech, Brard, Gest et autres Tartarin ? C’est pourtant le moment de monter au créneau et de dénoncer cette secte assassine à vague coloration islamique. Rien ! La scène est vide. Décidément, le courage ne semble pas de mise dans les heures difficiles.

Et demain ?

Quelles forces religieuses, morales, culturelles, politiques… pouvons nous opposer à cette agression ? Notre tradition judéo-chrétienne est-elle de taille à affronter cette déferlante ? La réponse est malheureusement négative. Nos églises sont vides, les croyants n’ont nullement l’intention d’évangéliser pour défendre leur foi, quant aux principes du christianisme : loyauté, honnêteté… ils sont bafoués de la base jusqu’aux hautes sphères. La vie publique est faite de scandales, de détournements, de pots de vin, de palabres… Pour lutter contre ce monstre pseudo-religieux, il faut une grande force morale et un courage dépassant la normale qui, en toute logique, se doivent d’être insufflés par tous les responsables nationaux.

Politiquement, la France de 2015 ressemble à celle de la III è République qui, en 1940 allait affronter un autre monstre : le nazisme. Elle n’était pas prête, la classe politique connaissait de profondes fractures, l’antisémitisme était virulent (Léon Blum et Georges Mandel étaient des cibles privilégiées), l’armée mal préparée et le pays gangréné… La résistance proviendra principalement de la population. De Gaulle après son appel du 18 juin 1940 verra très peu de parlementaires, d’hommes politiques, de hauts gradés… le rejoindre. Parmi les premiers à gagner Londres, figureront 133 marins pécheurs de l’île de Sein. Tout un symbole, représentatif de l’état d’une société où la résistance fut surtout le fait de « petits », de ceux qui précisément ne déclenchent jamais les guerres mais qui doivent se sacrifier pour les assumer. Il en est de même aujourd’hui où seule la population fait vraiment bloc et surmonte ses divergences politiques, sociales, religieuses…

« La guerre c’est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent et se massacrent pas »

(Paul Valéry)

Ceux qui n’ont « rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur » pour reprendre la formule de Winston Churchill (déclaration du 13 mai 1940 à Londres).

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