FRANCE : VERS UN DESAVEU DE LA POLITIQUE NATIONALE ANTISECTES

Mar 30, 2016 by

cpa1 Le moins que l’on puisse dire, c’est que les pouvoirs publics, c’est à dire tous les gouvernements qui se sont succédés depuis 1974 (date de création de la première ADFI à Rennes), n’ont pas fait preuve d’une grande clairvoyance en matière de dérives sectaires.

La France  au théâtre de Guignol

Trop préoccupés par l’existence et le développement de groupements minoritaires pacifiques, nos responsables politiques ont été frappés de cécité (ou de lâcheté), s’agissant de l’apparition des dérives sectaires djihadistes.

Pendant que la France se livrait à une véritable guerre civile contre des minorités  spirituelles et religieuses, guerre étendue par la suite aux thérapies et modes alimentaires, et mobilisait pour cette « noble cause » les médias, les fonds publics, les parlementaires (4 commissions d’enquête sur les sectes), l’Hydre djihadiste montait, grandissait, menaçait et gangrénait toute la société.

cpa2Simple rappel : dès 1996, il y a dix ans, le RAID démantelait des cellules terroristes islamiques. Les responsables politiques de l’époque interdisaient aux policiers de prononcer le mot « terroristes », il fallait uniquement invoquer le nom « bandits ». On aurait pu utiliser d’autres synonymes tout aussi peu réalistes : « méchants, vilains, voyous ». Il ne fallait surtout pas inquiéter l’opinion publique, la bonne « politique de lautruche » a toujours des adeptes. Selon le credo national de l’époque, seules les sectes qui étaient pointées du doigt par l’Etat et ses dirigeants constituaient le danger (voir notamment les rapports parlementaire de 1982, 1995, 2006). Ces derniers se voilaient la face et abusaient de la confiance qui leur a été accordée par le peuple Français. Les attentats des 7 janvier et 13 novembre 2015 provoqueront une onde de choc, une prise de conscience qui sera aussi brutale que dramatique.

Dans le même temps, les minorités  pacifiques : Témoins de Jéhovah, Scientologues, Rosicruciens… étaient mises au pilori, trainées dans la boue, accusées de tous les maux de la société, leurs membres victimes de licenciements abusifs… Georges Fenech, grand pourfendeur de sectes devant l’Eternel, procédait à des perquisitions de choc au sein de communautés particulièrement dociles, le tout bien évidemment sous la haute protection de plusieurs dizaines de gendarmes chargés d’assurer sa sécurité, qui on le conçoit , était particulièrement menacée…

DE GUIGNOL A. UBU

cpa3Aujourd’hui, sous la pression des attentats terroristes et des interrogations des Français, la  classe politique semble vouloir faire son mea culpa. Expliquons nous !

Le 21 mars dernier, les députés  ont décidé de créer une « Commission denquête parlementaire ». Rien de nouveau me direz-vous. Nous le savons tous, en France quand on veut enterrer un problème, on nomme une commission d’enquête.

(Lire l’article de Jean-Luc Martin-Lagardette)

La nouveauté porte sur le point suivant  : cette commission est chargée d’établir « un diagnostic sans concession » sur « la façon dont le pays lutte contre les sectes depuis le début des années 80 jusqu’à aujourdhui ».

« Sans concession » avez-vous dit ? Le « diagnostic », s’il est honnête, sera inévitablement un réquisitoire car la politique nationale française sur les sectes, que la France présente, en toute modestie, comme modèle à la communauté internationale, est un fiasco complet. Tous les efforts déployés en ce domaine depuis plus de trente ans ont été inutiles, stériles, coûteux et à la limite anticonstitutionnels compte tenu du principe de laïcité :

  • création de la Miviludes,
  • mise en place d’une police spécialisée,
  • financement sur fonds publics d’associations antisectes,
  • formation de fonctionnaires sur ce qui constitue un non-problème,
  • création et financement quasi intégral d’une ONG (la FECRIS)
  • Manipulation de l’opinion publique à travers des émissions et reportages grâce au soutien inconditionnel des médias…

Cette politique absurde n’est pas sans rappeler la ligne Maginot, cette barrière infranchissable qui avait été mise en place après la guerre de 14/18 aux fins de prévenir une nouvelle invasion allemande. Obstacle qui a été tout simplement contourné par l’ennemi en mai 1940. Un monument dédié à la bêtise humaine.

Elle n’est pas non plus sans rapport avec les « chasses aux sorcières » qui ont ravagé les Etats-Unis d’Amérique dans les années 50 à l’époque du maccarthysme  (voir article « Charly Chaplin défendeur des libertés »). Une période noire que le peuple américain veut oublier.

Aujourd’hui le monde politique semble vouloir « changer son fusil d’épaule » (un changement d’épaule n’implique nullement qu’une guerre soit terminée…).

Cette nouvelle commission d’enquête parlementaire va enquêter sur le travail fourni par ses quatre devancières (ubuesque !). Interrogé, le président de « la petite dernière » a néanmoins fourni sa feuille de route :

  • «faire évoluer la politique nationale du tout répressif vers la connaissance et la reconnaissance sociale sous conditions, de certains groupes et voies thérapeutiques »

Juste une question : cette « politique nationale du tout répressif »  semble donc avoir été mise en place avant toute « connaissance » du phénomène qu’il s’agissait d’endiguer ? On légifère avant de connaître le problème ! Curieuse et inquiétante méthode législative !

N’est-ce pas «mettre la charrue avant les boeufs »  (vieux dicton populaire) ?

  • «remplacer larsenal existant par une information neutre par des experts indépendants ».

La même remarque s’impose. Apparemment ça ne semble pas être le cas jusqu’à ce jour.

Restons donc prudents, de grands changements « pourraient »  être en cours.

« Pourraient » ? En effet, car il se « pourrait » aussi « que la montagne accouche dune taupinière ».

La France n’est-elle pas une « société bloquée » ? (Discours de 1969 du Premier ministre Jacques Chaban Delmas) et, pourrait-on ajouter… aveugle, pour son grand malheur.

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