| L | Ma | Me | J | V | S | D |
|---|---|---|---|---|---|---|
| « août | ||||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | |||
- article (37)
- 22.8.2010: Témoins de Jéhovah en France : entre reconnaissance et discrimination
- 23.6.2010: Ce « modèle » de société …. ? Nous n’en voulons pas !
- 11.6.2010: RECONNAISSANCE DES TEMOINS DE JEHOVAH
- 9.6.2010: LE RECORD DE L’EURE : Troisième épisode
- 15.3.2010: SALUT « JEANNOT »
- 27.2.2010: « CHARLOT » COMBATTANT DE LA LIBERTE
- 5.2.2010: A QUAND LE VACCIN… ANTI-SECTOPHOBIQUE ?
- 24.11.2009: A MOI LES ENFANTS DE LA VEUVE
- 18.11.2009: 2010 la crise de civilisation, les boucs emissaires
- 18.11.2009: L’opa franc-maçonnique sur l’Unadfi
Secte : La machine à remonter le temps : 1974 - 2010 (part 1)
10.11.2009 par admin.
Première partie : Extraits du livre « Et Pharaon dit : Qui est Jéhovah ? »
Remarque importante : ce livre a été écrit en 1996, à une époque où l’Unadfi avait été créée et était dirigée par la mouvance catholique. Aujourd’hui, ce « fonds » est exploité par l’aile dure de la Franc-maçonnerie.
SOCIOLOGIE NOTION DE SECTES
«UN PAVILLON SUSCEPTIBLE DE RECOUVRIR TOUTE SORTES DE MARCHANDISES»
Une association anti-sectes, par nature et compte tenu du principe juridique de spécialité des personnes morales, intervient à l’encontre… des «sectes». Ce constat exprimé sous forme de lapalissade soulève en réalité une question fondamentale :
Quelle définition, quels critères sont habituellement utilisés pour les différencier des religions ?******M. le Doyen Carbonnier indiquait avec sourire (il y a près de… 30 ans) : «la secte c’est la religion de l’autre».
Un juriste américain, le professeur Leo Pfeffer, avec beaucoup de réalisme et d’humour, formule la définition suivante :
«Si vous y croyez, c’est une religion, ou peut être la religion ; si elle vous est complètement indifférente, il s’agit d’un culte, mais si vous la craignez ou si vous la haïssez, alors elle devient une secte».******La signification du mot «secte» varie selon les personnes qui l’utilisent. Un magistrat adoptera cette expression indépendamment de toute connotation péjorative à l’égard d’un mouvement minoritaire. Un pratiquant zélé et inquiet d’une grande religion, teintera cet emploi d’une certaine agressivité. L’homme de la rue associera ce terme à l’idée de non conformisme ou de menace…
Il est vrai que ce mot désigne les mouvements philosophiques et religieux les plus divers. Notre langue française dont on vante la richesse manque en la circonstance d’imagination.
Nous ne pouvons que regretter cette pauvreté, cette absence de choix dans les qualificatifs disponibles pour désigner des situations caractérisées par leur extrême diversité.
Le mot «secte» est devenu «un pavillon susceptible de recouvrir toutes sortes de marchandises».
Cette réflexion animait autrefois les chercheurs qui étudiaient l’anarchisme et qui étaient déconcertés par les profondes divergences qui opposaient ses doctrinaires. Par exemple, pour Bakounine, l’instauration de la «nouvelle société» devait s’effectuer par la violence alors que Proudhon prônait son établissement sur la base de contrats librement acceptés. Bakounine voulait détruire la religion, Proudhon était sur ce point, un respectueux conservateur.
Le terme «secte» fait aujourd’hui partie de notre langage courant et est abondamment utilisé pour ne pas dire galvaudé. Les sociologues, écrivains, journalistes, politiciens à la recherche d’un «cheval de bataille» (de «race démagogique», si possible…) n’hésitent pas à l’employer à l’égard de tout groupe qui ne partage pas leur sensibilité religieuse. Ces méthodes ont largement contribué à l’avilissement du mot, à la déconsidération des mouvements minoritaires.
Le but poursuivi est ainsi atteint. La fin justifie les moyens.
Le choix d’un critère, permettant d’identifier avec certitude la secte, est particulièrement délicat. Plusieurs solutions peuvent être retenues :
- le nombre d’adhérents ?
En se plaçant sur ce plan quantitatif, à partir de quel seuil une « grosse secte » accède-t-elle au titre honorifique de « petite religion » ?
Sur ce point, les Témoins de Jéhovah avec plus de 13.147.000 membres baptisés et sympathisants (en «âge de discernement») dans le monde peuvent difficilement être considérés comme un mouvement minoritaire, dans son acception quantitative.
Dans le cas contraire, il conviendrait de rayer de la carte politique tous les pays dont la population est inférieure à 13 millions d’habitants : Angola, Autriche, Belgique, Bénin, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Burundi, Burkina Faso, Cambodge, Centrafricaine (République), Comores, Costa Rica, Côte d’Ivoire, Croatie, Danemark, Dominicaine (République), Equateur, Estonie, Finlande, Gabon, Gambie, Grèce, Groenland, Guatemala, Guinée, Guinée-Bissao, Guinée équatoriale, Haïti, Hongrie, Irlande, Israël, Jamaïque, Lettonie, Liban, Liberia, Libye, Lituanie, Luxembourg, Madagascar, Malawi, Mali, Namibie, Niger, Norvège, Panama, Paraguay, Portugal, Rwanda, Salvador, Sénégal, Sierra Leone, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Tchad, Tchèque (République), Togo, Tunisie, Uruguay, Zambie, Zimbabwe…
Par ailleurs, à quel niveau géographique doit-on se situer pour apprécier ce critère quantitatif ?
Au niveau de la planète, de l’Europe naissante, de l’Etat ou de Clochemerle ? La réponse à cette question est fondamentale Selon la réponse donnée, l’Eglise catholique sera tour à tour considérée comme une secte (dans les Etats islamiques) ou comme une religion (Italie).
- le critère qualitatif ?
Mais, lequel adopter ?
la «normalité», le «conformisme» ?
Tous les enseignements, préceptes feraient l’objet d’un «examen» et seraient appréciés par rapport aux normes communément admises, aux valeurs dominantes de la société.
Un inconvénient : cette dernière est juge et partie. Dangereux pour les libertés…! Avec de telles conceptions, l’Espagne serait toujours sous l’Inquisition.
Par ailleurs, quel groupe social est en droit d’imposer ses vues ? Les classes dominantes, les classes moyennes…? Les nostalgiques du temps passé ou les partisans de la «nouvelle morale» ?
Compte tenu de l’extrême mouvance de notre monde, il est difficile d’arrêter définitivement des valeurs dites immuables.
Le nouveau code pénal exprime de façon concrète les bouleversements intervenus depuis quelques années. Certains faits autrefois sanctionnés ne figurent plus dans ce texte répressif.
«Autres temps, autres mœurs».* la dangerosité ?
Outre son aspect subjectif (et dès lors discrétionnaire), un tel «étalon de mesure» est insatisfaisant à plus d’un titre.
Secte : La machine à remonter le temps : 1974 - 2010
Pierre Burrucand haine d’hier et d’aujourd’hui
Posté dans article | Imprimer | 1 commentaire »
Secte : La machine à remonter le temps : 1974 - 2010 (part 2)
9.11.2009 par admin.
Toute organisation qui remettrait en cause l’ordre établi (politique ? économique ? social ? familial ? religieux ?..) serait considérée comme dangereuse.
Une telle conception heurte les principes fondamentaux sur lesquels reposent nos Etats démocratiques et libéraux. Elle conduit à préconiser l’instauration d’un Etat autoritaire, monolithique qui évoluera rapidement vers le totalitarisme.
Sur la base de cette dangerosité (aspect qualitatif), le mouvement nazi devait être interdit et condamné en Allemagne dès les années 30.
Mais par application du critère quantitatif, il devait être accepté comme composante de notre «civilisation»(sic), dès son accession au pouvoir. L’adhésion massive du peuple allemand ne conférait-elle pas, selon cette conception quantitative, une certaine légitimité? A la même époque d’ailleurs (1933), les Témoins de Jéhovah, considérés comme appartenant à une secte dangereuse, étaient envoyés dans les camps de la mort nazis. Beaucoup de ces chrétiens furent assassinés.
Selon l’écrivain Christine King : «Un Témoin sur deux a été emprisonné, un sur quatre a perdu la vie». Les principes chrétiens qu’ils prônaient : neutralité, pacifisme, respect de la vie d’autrui, égalité des hommes, refus d’allégeance au dieu Hitler (le gourou de l’époque)… étaient jugés «dangereux» par le nouvel ordre.
Mais, une question !
Quel critère a prévalu à l’époque au sein des grandes religions officielles pour accorder les pleins pouvoirs au chancelier Hitler (ce dernier n’a t-il pas été investi grâce au vote.. du parti catholique allemand) ? Pour signer le traité de Latran avec Mussolini ? et le Concordat avec le IIIeme Reich dès 1933 ?
Oublions ces questions embarrassantes, ces rappels pénibles et poursuivons…
En réalité, des juristes éminents considèrent que sur un plan légal on ne peut différencier la religion de la secte.
LE RAPPORT VIVIEN
Aussi, le rapport VIVIEN qui a été publié à la Documentation française en février 1983 sous le titre :
«Les sectes en France.Expression de la liberté morale ou facteurs de manipulations ?»
s’est bien gardé de donner une définition juridique de la secte.
L’Association cultuelle des Témoins de Jéhovah n’est évoquée, dans le rapport Vivien, qu’à deux reprises : le sang et le prosélytisme. Références qui démontraient au public que la théologie et les pratiques de cette Eglise avaient été étudiées.
S’agissant du sang, en 1983, le Gouvernement de l’époque aurait été mieux avisé d’envisager ce problème sous son aspect médical. De nombreux drames humains auraient été évités… S’agissant du prosélytisme, ce dernier a deux fondements : le Christianisme (les premiers chrétiens étaient tous évangélisateurs) et l’article 11 de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (la libre communication des pensées et opinions). Les personnes contactées ont toujours la possibilité d’indiquer aux Témoins de Jéhovah qu’elles désirent, à l’avenir, être visitées sur une base : annuelle, quinquennale, décennale… voire selon le cycle de la comète de … Halley.
Ces deux caractéristiques du culte des Témoins de Jéhovah n’ont pas conduit le rapport Vivien à faire figurer l’Association cultuelle des Témoins de Jéhovah parmi les «quelques groupes sectaires révélateurs» (p. 52).
En tout état de cause, le rapport Vivien constitue une scorie au sein de nos libertés publiques :
- il rétablit, de façon pernicieuse, la distinction ancienne entre «cultes reconnus» et «cultes non reconnus».
- il présente un aspect discriminatoire inquiétant.
Malgré ces critiques, le rapport Vivien a longtemps constitué la «source spirituelle», «le Livre sacré» qui a inspiré l’ADFI dans «son combat», sa «guerre sainte» contre l’Association cultuelle des Témoins de Jéhovah jusqu’au… 10 janvier 1996.
Secte : La machine à remonter le temps : 1974 - 2010
Pierre Burrucand haine d’hier et d’aujourd’hui
Posté dans article | Imprimer | Aucun commentaire »
Secte : La machine à remonter le temps : 1974 - 2010 (part 3)
8.11.2009 par admin.
LE RAPPORT GUYARD :
UNE REGRETTABLE SCORIE
Le rapport d’enquête parlementaire sur les sectes dit rapport Guyard a été rendu public le 10 janvier 1996. Ce dernier ne fait guère progresser le dossier sur le plan juridique. On pouvait espérer plus d’audace, d’esprit de recherche 13 ans après le rapport Vivien !
Les parlementaires nous indiquent qu’il est impossible de distinguer une secte d’une religion. Nous les remercions pour cette précieuse découverte qui est une évidence depuis… des décennies. L’information est aussi fondamentale que celle fournie par certains savants qui font fumer de malheureux lapins pour en déduire, au terme d’une brillante analyse, que le tabac est nocif. «La thèse est osée, mais comme toute thèse, parfaitement défendable» (extrait du film «Les tontons flingueurs»).
De façon assez paradoxale, après avoir affirmé (à juste raison) qu’une loi sur les sectes ne pouvait être édictée «faute de pouvoir déterminer l’objet de l’intervention de cette loi», le rapport propose des actions administratives, judiciaires (et de ce fait policières) contre…les sectes, une notion par nature indéfinissable !!! Comprenne qui pourra !
Puis, certainement pour couvrir ces incohérences, la Commission avoue, avec beaucoup d’humilité, qu’elle appréhende faiblement le phénomène sectaire. Ah bon !
Curieux «rapport» tout de même. Un tel document, s’il avait été exhumé dans le cadre de recherches historiques ou archéologiques, aurait fait l’objet de vives critiques de la part de l’ensemble de la communauté : politiciens, historiens, juristes, religieux, laïcs, sociologues, psychiatres… Tous auraient dénoncé les risques pour les libertés, la démocratie, la paix sociale.
Ce rapport, il convient de le rappeler, a été rédigé après seulement… 21 heures d’auditions. Qui a été entendu ? Nous l’ignorons ! La commission, certainement par souci de transparence afin de trancher avec les pratiques occultes des sectes honnies, a décidé d’opérer dans le secret, à huis-clos. Une véritable messe noire qui s’est déroulée dans le cadre de nos instances représentatives. Une conception originale de la démocratie.
Peut-on dès lors parler de «rapport», «d’étude», «d’analyse» ? Le rapport Vivien a été en gestation durant deux années, l’avis de la Commission consultative nationale des droits de l’homme a été mûri durant un an. Le rapport Guyard voit le jour au terme de 21 heures d’auditions et de six mois de travail ! Son contenu ne manque pas de surprendre :
- après avoir reconnu que le phénomène sectaire est «difficile à définit; peu aisé à mesurer, impossible à saisir dans sa globalité» (pages 5, 6 et 125),
- avoué «la difficulté de définir le ternie de sectes pour délimiter le champ de son étude» (page 6),
- affirmé que «l’approche du phénomène des sectes, comme de tout autre, suppose que ce concept soit clairement défini» (page 8),
- la commission sans aucune gêne, précise qu’il s’agit en réalité d’un ‘faux obstacle» et que finalement, il ne faut ‘pas se laisser arrêter» par ce genre de détail (page 6),
- puis, dans un admirable élan, le rapport nous donne une incroyable «définition» (sic) des «sectes» qui seraient des mouvements religieux «sur lesquels a pu, à un moment ou à un autre, peser le soupçon d’une activité contraire à l’ordre public ou aux libertés individuelles»,
- et d’énumérer dix indices «permettant de supposer ,l’éventuelle réalité de soupçons conduisant à qualifier de secte un mouvement se présentant comme religieux».
L’observateur reste pantois. Ainsi, au Pays des droits de l’homme, des principes libéraux fondamentaux sont balayés :
- présomption d’innocence,
- principe de légalité des délits et des peines (le code pénal exige une définition préalable précise des actes jugés répréhensibles. Il est interdit, sur la base d’un texte pénal flou, imprécis, de sanctionner par assimilation tout comportement jugé «dérangeant», non conforme aux valeurs de la «société bien pensante»),
- principe de laïcité de l’Etat,
- droit à un procès équitable rendu par des juges indépendants, (liste non exhaustive).
Dès qu’un «soupçon» atteint un mouvement, ce dernier peut être
qualifié de «secte» et subir, pour reprendre l’expression de certains observateurs un véritable «lynchage médiatique». Un «soupçon» naît généralement de la rumeur populaire, cette dernière est suscitée par les médias qui sont eux-mêmes largement alimentés par les associations anti-sectes.
Douce France,
Cher Pays de mon enfance…”
LA GRANDE DIVERSITE DES NOUVEAUX MOUVEMENTS
Cette extrême diversité est à la fois réjouissante et inquiétante.
Réjouissante : la multiplicité des courants d’opinion est la preuve d’une très grande richesse intellectuelle, de l’ouverture d’esprit de tout un peuple, d’un climat de tolérance.
Inquiétante : une totale liberté permet parfois la constitution de groupes dont l’objectif est de dominer, d’asservir les populations (physiquement ou moralement, militairement ou par la propagande, brutalement ou de façon subtile et perverse).
Ce risque est un véritable défi pour les démocraties.
Les hommes réagissent diversement devant ce dilemme :
«O liberté ! que de crimes on commet en ton nom !»Madame Roland
«Liberté, liberté chérie,»Rouget de Lisle (la Marseillaise)
Ce thème peut donner lieu à un vaste débat philosophique, religieux, juridique.
En France : la liberté est le principe, l’interdiction l’exception.
Il convient néanmoins d’être vigilant et sur ce plan, des associations privées peuvent jouer un rôle utile à condition qu’il n’y ait ni excès, ni débordement, ni déviation, ni récupération. La matière traitée par ces associations privées est extrêmement complexe, mouvante et sensible.
Il est dangereux d’adopter une attitude rigide, simpliste, manichéenne à l’égard des mouvements minoritaires. La démarche se doit d’être prudente et menée avec sérieux, compétence, tolérance et respect des lois.
Que recouvre la notion de «sectes» dans l’esprit du public ?
Un raisonnement par élimination conduit à dire : tous les mouvements qui sont extérieurs aux religions traditionnelles.
Mais alors, quelles sont ces religions établies ? Et de citer, en fonction des effectifs et par ordre décroissant :
1- l’Eglise catholique romaine qui «regrouperait» 67% des soit environ 40 millions de personnes (le pourcentage était de 81% en…1986).
2- l’Islam qui «rassemblerait» près de 2,5 millions de personnes en raison de la présence sur le territoire de travailleurs immigrés.
3- l’Eglise protestante qui «confédérerait» 950.000 personnes
4- le Judaïsme qui se «composerait» de 535.000 membres A ce stade des statistiques, une question se pose.
Faut-il arrêter cette liste à partir de la 4e» religion (ou de la 3ene place, comme pour le podium des jeux olympiques) ?
En effet, en Sème position nous trouvons les chrétiens Témoins de Jéhovah avec plus de 126.000 membres baptisés (les Témoins de Jéhovah ne baptisent que les personnes en «âge de discernement») et plus de 102.000 sympathisants (mêmes exigences).
Statistiques qui posent des problèmes à l’ADFI catholique qui a décidé, de façon discrétionnaire et autoritaire, de classer les Témoins de Jéhovah parmi les sectes. Ce classement est contre toute logique arithmétique. Il est vrai qu’il permet d’agresser cette organisation religieuse et de l’accabler de tous les maux…
Par ailleurs, que recouvrent ces données brutes ?
Les chiffres communiqués par l’Eglise des Témoins de Jéhovah n’englobent que la population «capable de discernement». Cette notion figure dans les nouveaux textes édictés en faveur des enfants :
- article 12 de la convention relative aux droits de l’Enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 et publiée en France par le décret n° 90917 du 8 octobre 1990 (J.O. 12 octobre 1990) :
« Les Etats garantissent à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité (…)».
- articles 388-1 et 388-2 du code civil français, rédaction résultant de la loi n° 93-22 du 8 janvier 1993 :
«Dans toute procédure le concernant, le mineur capable de discernement peut, sans préjudice des dispositions prévoyant son intervention ou son consentement, être entendu par le juge ou la personne désignée par le juge à cet effet.
Lorsque le mineur en fait la demande, son audition ne peut être écartée que par une décision spécialement motivée. Il peut être entendu seul, avec un avocat ou une personne de son choix (…)».
Les enfants non doués de raison sont systématiquement exclus des statistiques fournies par l’Eglise chrétienne des Témoins de Jéhovah.
En est-il de même au sein des autres confessions ?
Il convient de relever la précision des chiffres fournis par l’Eglise des Témoins de Jéhovah. Ainsi, en 1995 le recensement fait état de 126.508 pratiquants et de 228.783 pratiquants et sympathisants.
Nous sommes loin des approximations grossières (67% de la population!! !) des «Grandes Eglises».
Cette touchante précision quant au nombre exact de «brebis», cette considération pour chaque fidèle sont conformes à l’enseignement du Christ. Jésus n’a-t-il pas dit à Pierre : «Fais paître mes petites brebis» (Luc 21 : 15).
Cette recommandation a été formulée à trois reprises pour accentuer l’intérêt sincère qu’il convenait de manifester à l’égard «des petits», de…chaque petit.
L’oubli de cette prescription dictée par l’amour du prochain explique certainement l’actuelle crise spirituelle.
Les religions précitées englobent indifféremment dans leurs effectifs : les adultes, adolescents, enfants et…nourrissons, les pratiquants et non- pratiquants.
Il est douteux que les 67% de Français considérés comme catholiques assistent à la messe, le dimanche matin, compte tenu des longues files d’attente devant les P.M.U., cafés et buvettes, pâtisseries… à l’heure de l’office religieux.
« Bizarre, vous avez dit bizarre ? »
Par ailleurs, les quatre premières religions françaises (au plan des effectifs) constituent en réalité de véritables «nébuleuses» (expression empruntée à l’ouvrage du Professeur Pierre Barrucand : «Haines d’hier et d’aujourd’hui. Campagnes anti-juifs, anti francs-maçons, anti-sectes». Le Professeur Barrucand est Maître de recherche au CNRS, médaillé de la Résistance).
Certaines Eglises présentent un aspect diffus et vaporeux incontestable. Reprenons nos quatre «Big»:
L’Eglise catholique est divisée :
« Nous sommes inquiets. Il n’est pas un séminaire qui ne soit divisé entre intégristes, progressistes et partisans du statu quo» (J. Ellis, le «National Catholic Reporter» du 19 octobre 1979). La situation s’est aggravée depuis 1979. La division atteint les fidèles.
L’Eglise protestante englobe dans son effectif de 950.000 personnes environ «140.000 non-membres : certains baptistes, pentecôtistes, méthodistes, mennonites, quakers, darbystes, évangélistes libres, adventistes et l’Armée du Salut» (le «Quid» 1993 page 530 b).
Le mouvement se scinde en divers courants : Eglise réformée (ou calviniste), Eglise luthérienne, Eglises congrégationalistes… Cette diversité n’est pas une cause de rivalité. La paix qui règne en Ardèche le démontre.
L’Islam n’échappe pas à ce phénomène avec l’apparition récente d’un intégrisme qui inquiète les pouvoirs publics et suscite la vigilance des Renseignements Généraux. L’ADFI catholique ne se préoccupe nullement de ce dossier, jugé…trop dangereux. Elle préfère agresser des communautés pacifiques. Courageuse, mais pas téméraire… Parallèlement à l’existence de divisions anciennes (Chiisme, inamites, ismaéliens, zaïdites, ismaèliens nizârites, kharedjisme, soufisme, sunnites…) de nouveaux courants sont nés (Ahmadiya, Frères musulmans, Mouridisme, Salafiya, Sanûsiya, Tablighi, Wahhabisme…).
Le Judaïsme révèle de semblables divisions entre Orthodoxes, Conservateurs, Libéraux.
Selon le Professeur Barrucand : «Il existe peu de rapport entre le judaïsme libéral de la rue Copernic et certains groupes dits orthodoxes» (ouvrage précité).
Secte : La machine à remonter le temps : 1974 - 2010
Pierre Burrucand haine d’hier et d’aujourd’hui
Posté dans article | Imprimer | Aucun commentaire »
Secte : La machine à remonter le temps : 1974 - 2010 (part 4)
4.11.2009 par admin.
Face à ces constellations religieuses, ces mosaïques cultuelles, les Témoins de Jéhovah présentent une unité sans faille. Il convenait de rappeler cette réalité qui est malheureusement trop souvent oubliée.
Nous le constatons, l’évocation du mot «secte» soulève quantité de problèmes. Tant au niveau des religions établies que des «sectes», il existe des appellations trompeuses. Il convient dès lors d’être prudent dans le maniement de notions imprécises qui sont très souvent utilisées de façon péjorative pour désigner tout mouvement, groupe, rassemblement qui ne respecte pas un certain «conformisme» par rapport aux valeurs et mode de vie de la société bien pensante.
La chanson de Georges Brassens est toujours d’actualité : «non les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux…».
LE NO MAN’S LAND SPIRITUEL
S’agissant de ces nouveaux groupes qui s’écartent de la «norme ambiante» (la «Norme française spirituelle» !), de nombreux sociologues, juristes, psychologues…ont tenté en vain de les différencier des religions. L’approche peut emprunter diverses voies et retenir :
- L’aspect création ou plagiat.
Il conduit à distinguer les minorités «créées de toutes pièces» et celles qui opèrent au sein des religions établies. En un mot l’opposition née de Darwin entre «création» et «évolution».
Le terme «secte» ne désignerait que les «groupes de personnes qui à l’intérieur d’une religion, professent les mêmes opinions particulières» (définition du dictionnaire Hachette 1990).
Cette classification ne peut satisfaire les associations anti-sectes qui naviguent déjà à l’aveuglette dans un domaine qu’elles ignorent (ou méprisent) : la liberté de conscience. En effet, selon cette analyse :
* Les Eglises établies seraient de grandes religions formées d’une multitude de sectes.
* L’Eglise des chrétiens Témoins de Jéhovah serait une petite (pour l’instant) religion n’ayant aucune secte à son bord.
- L’aspect révolutionnaire ou réformateur de l’idéologie diffusée. Mais, ce qui dérange n’est-il pas par nature «révolutionnaire» ? Le Pape est opposé à l’avortement au nom du respect de la vie. Cette prise de position «dérange» de nombreux fidèles. Le Vatican devient-il une secte ? Du moins sur cette question..;
- L’aspect dangerosité :
les «sectes-escroquerie» et les «sectes-sorcellerie», pour reprendre l’expression du Professeur Jacques Robert, seraient mises à part. Selon ce juriste, en dehors de ces deux catégories, les sectes ne se différencient pas des religions.
- L’aspect réaliste ou utopique du mouvement. Mais, les indigènes qui placent de la nourriture sur la tombe de leurs morts qui ne peuvent plus se nourrir manquent-ils de réalisme par rapport aux occidentaux qui déposent des fleurs… alors que leurs chers disparus sont privés d’odorat ?
Quid du culte des ancêtres pratiqué par les Japonais ?
- L’aspect strictement cultuel ou mystique, ésotérique des mouvements. On distinguerait alors les mouvements dits «orthodoxes» (dont les enseignements seraient fondés sur une valeur sûre, la Bible par exemple) des autres qui recouvrent d’ailleurs des sensibilités très diverses (guérisons ésotériques, yoga, spiritisme, magie, occultisme, astrologie..). Cette classification risque d’écarteler (supplice particulièrement désagréable) les Français dans la mesure où 67% seraient catholiques tout en dépensant chaque année environ 20 milliards pour connaître leur avenir grâce à l’astrologie, les arts divinatoires, la sorcellerie, les sciences occultes…
Selon une enquête («Madame Figaro» du 27 mars 1993), «58 % des Français tiennent l’astrologie pour une science». Il est vrai que les statistiques des grandes églises ne sont pas à une entorse près et sont établies avec une précision très approximative…
- L’aspect national ou extérieur du mouvement.
Nos produits dits «locaux» (religions occidentales) se différencieraient des importations provenant d’autres parties de la planète.
Selon certains, la qualité (et l’aspect rassurant) de notre production régionale trancherait du… «made in Taïwan» qui seul serait qualifié «secte». L’établissement d’un tel contrôle douanier cultuel heurte la raison. Comment peut-on apposer l’étiquette «secte» sur des religions telles : le Confucianisme, le Bouddhisme, l’Hindouisme ?
Ce classement est inspiré par un protectionnisme hérité du 19è siècle. Nous pourrions multiplier à l’infini les formules de classement qui présentent le commun dénominateur d’être insatisfaisantes.
Ce bref aperçu confirme la difficulté de l’entreprise. Le terrain est mouvant, glissant et se dérobe sous les pieds.
Malgré ces difficultés, certaines associations anti-sectes, conscientes de l’extrême fragilité de leur position, des critiques encourues ont tenté de fixer un cadre, des principes, des règles justifiant leurs actions.
L’une d’entre elles : l’A.D.F.I. catholique, a défini la «secte» (voir le «Quid» de 1993 page 554 b ). Selon cette association, il y aurait plusieurs éléments d’identification :
1 - «La manipulation mentale» des membres
2 - entraînant «une destruction de la personne»
3 - une «destruction de la famille»
4 - une «destruction de la société»
Au niveau «des moyens utilisés par la secte», l’ADFI catholique relève :
5 - « séduire et sur valoriser le futur- adepte »
6 - « anesthésier l’esprit critique et la personnalité du futur adepte »
7 - « renforcer l’adhésion au groupe et favoriser les ruptures »
8 - « rendre le retour impossible »
La définition est satisfaisante en soi. Tout dépend de la façon dont ces critères cumulatifs sont mis en œuvre.
Nous ne contestons pas la raison d’être des associations de défense contre les mouvements dangereux.
Nous marquons par contre notre profond désaccord au niveau de l’intolérance, du climat de haine suscités par les éléments dirigeants, «les troupes de choc» de ces associations.
Ainsi, certaines communautés agraires regroupant des écologistes, des personnes désireuses d’effectuer «un retour à la terre» et d’associer leurs moyens de production, ont été qualifiées de sectes (rien d’inquiétant jusqu’ici) et font l’objet d’attaques, de dénigrement (ce qui devient inadmissible).
La guerre menée contre l’Association cultuelle des Témoins de Jéhovah illustre bien cette inquiétante «déviation» par rapport à la «Directive» sus-mentionnée qui a été spontanément adoptée par l’ADFI catholique. Il existe en France plusieurs centaines de sectes (selon les rapports Vivien et Guyard). Toutes sont combattues par l’A.D.F.I catholique avec la même virulence, obstination, agressivité.
A croire les responsables de cette association, toutes les batailles sont justifié. Aucune erreur ne serait commise, le parcours serait sans faute. Le «dogme de l’infaillibilité papale» resurgit avec force. Est-ce étonnant compte tenu du parrainage de cette association ?
Certains «moyens» reprochés aux «sectes» sont utilisés sans scrupules.
LE COMPORTEMENT DES ASSOCIATIONS ANTI-SECTES
La démarche des associations anti-sectes est la suivante : non conformisme = secte = dangerosité = élimination.
De telles conceptions ont été dans le passé à l’origine de nombreux malheurs pour l’espèce humaine.
Songeons aux guerres de religion en France où plus de 300.000 protestants furent contraints de quitter leur terre natale. Ces expulsions furent une grande perte pour le pays sur les plans culturel, commercial, cultuel… Songeons aux génocides indien, arménien, juif, tzigane… commis dans le inonde.
Une remarque générale : les sectes sont le produit de notre crise de civilisation. Les combattre revient à attaquer les effets d’un mal en feignant d’en ignorer les causes profondes. Est-ce réaliste ?
Les humains se livrent à une réflexion personnelle sur la vie, le monde, le bonheur… De nombreuses personnes abandonnent l’autoroute monotone des grandes religions et empruntent les petits chemins de l’arrière pays afin de vivre des expériences originales, enrichissantes… et parfois dangereuses.
Les symptômes de cette crise morale, spirituelle, intellectuelle sont nombreux : développement de l’hédonisme sous toutes ses formes (sport, loisirs, jeux d’argent…), irruption des mouvements révolutionnaires à la conquête de la «Liberté», recherche des «paradis artificiels» de la drogue… et l’attrait irraisonné pour les mages, les gourous, ces «guides spirituels» (sic) nouveaux. Ces refuges constituent en quelque sorte un médicament pour lutter contre l’angoisse, la peur d’un avenir inquiétant.
Les nouveaux mouvements religieux attirent principalement la jeunesse de notre pays. Nos jeunes se détournent du modèle de société que nous leur proposons (ou plus exactement, imposons).
En effet, entre le chômage, la société de consommation, la disparition de notre environnement, des retraites hypothétiques, une multiplication des sans logis, des banlieues transformées en ghetto… la marge de manœuvre et les possibilités d’exercer un libre arbitre sont pour le moins réduites.***
***Les jeunes contestent les valeurs, les structures, les mentalités, les buts… de notre société.
Lorsque notre société agresse les sectes, sans distinction, elle attire l’attention sur ces moyens «d’évasion». Ce faisant, elle suscite l’intérêt d’une jeunesse qui, dans sa révolte, est à la recherche d’une autre forme d’épanouissement. Or, et c’est le drame, certaines structures d’accueil ne sont pas recommandables. La dangerosité (notion qui doit être préalablement définie) de quelques sectes qui ne sont absolument pas représentatives du phénomène, ne doit pas conduire à une guerre généralisée contre tous les mouvements minoritaires.
L’ADFI catholique rassemble de nombreux parents désemparés de voir leurs enfants «récupérés» par des «sectes». Nous comprenons fort bien leur désarroi. Certains parents n’ont rien à se reprocher dans cette dislocation de la cellule familiale. Par contre, des pères et mères ont renoncé à assumer leurs responsabilités. Les tribunaux correctionnels et pour enfants regorgent de ces «jeunes oubliés».
Il est faux d’affirmer que «les sectes ont pris nos enfants». Il serait plus exact de reconnaître humblement que «nous avons perdu nos enfants» et de se poser en toute honnêteté les questions suivantes : Pourquoi ? Ai-je bien assumé mes devoirs et responsabilités ? N’ai je pas sacrifié mes enfants pour mon travail, mes ambitions ? Etais-je toujours présent et disponible pour les aider dans leurs difficultés ?
Il est vrai que de telles questions dérangent, remettent en cause beaucoup d’habitudes, de certitudes. Il est plus facile de trouver des « boucs émissaires ». Ces derniers d’ailleurs réapparaissent à l’occasion de chaque crise. Sous l’empereur Néron, ce furent les chrétiens de l’Eglise primitive, à d’autres époques : les Juifs, les Jésuites, les Maçons…et aujourd’hui, à côté des immigrés, « les sectes »».
Cette politique de l’autruche ne permettra nullement la résolution des problèmes évoqués. Il faut savoir affronter ses propres responsabilités et… la cruelle vérité.
Télécharger le document complet en PDF : Secte : La machine à remonter le temps : 1974 - 2010
Pierre Burrucand haine d’hier et d’aujourd’hui
Posté dans article | Imprimer | Aucun commentaire »
« AU NOM DE LA LOI… »
29.9.2009 par admin.
Non, il ne s’agit pas d’un remake du feuilleton dans lequel s’est illustré Steve Mac Queen.
Quelques pensées me viennent à l’esprit après avoir lu l’excellent article de Paul Vinel intitulé « Jours de folie au Parlement ».
Beaucoup déplorent « l’absentéisme » de nos élus aux sessions parlementaires, mais cet absentéisme n’est-il pas en fin de compte salutaire ? En tout état de cause, sa généralisation éviterait une inflation législative source de complexité de la vie juridique ou le quantitatif supplante le qualitatif, et surtout la confusion qui a entouré le vote de l’article 124 contenu dans la loi dite (doux euphémisme) de « simplification du droit ».
Curieux tout de même ! Les parlementaires veulent « simplifier » le droit et, dans la foulée, une disposition douteuse et particulièrement « ciblée » disparait. Ne serions-nous pas en présence d’un « acte manqué » En supprimant la possibilité de dissoudre une personne morale en cas d’escroquerie, les parlementaires n’ont-ils pas dévoilé un conflit inconscient ? Cette guerre d’un autre âge (« la Guerre de Trente ans » qui, si elle se poursuit va devenir « la Guerre de Cent ans ») déclarée à l’encontre des minorités ne commence-t-elle pas à indisposer les vrais parlementaires, ceux qui sont attachés aux valeurs républicaines et démocratiques ?
N’oublions pas qu’un « acte manqué » est en réalité un acte réussi. Selon Wikipedia : « Il s’agit en fait de la réalisation d’un désir inconscient. Le sujet croit échouer mais éprouve une satisfaction pulsionnelle inconsciente » (…) La volonté consciente de faire quelque chose se trouve alors perturbée par le désir, à demi-inconscient, de faire autre chose. Freud y voyait un signe révélant une expression inconsciente. Ainsi, les députés qui habituellement dorment se sont réveillés et ont accédé à cet état « demi-inconscient » qui a permis d’évacuer un texte discutable. Ils ont été rejoints par leurs pairs qui ont fait fi de leur volonté consciente qui leur commandait autre chose.
Si tel est le cas, il ne s’agirait pas de « Jours de folie au Parlement » mais plutôt de« Jour d’Indépendance » (Independance Day). Le Jour où, même inconsciemment, les députés reprennent leurs prérogatives et font prévaloir le bon sens, la tolérance et le Droit.
Finalement, n’est-ce pas l’explication à cette péripétie pour le moins burlesque ?
Il existe une autre explication. Elle est beaucoup moins flatteuse. Elle provient de Pierre-Joseph Proudhon qui écrivait à la fin du 19è siècle :
“Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle Assemblée nationale pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l’état d’un pays sont presque toujours ceux qui le représentent”
Tout compte fait, je préfère mon interprétation des évènements. Et vous ?
Posté dans article | Imprimer | 2 commentaires »
Miviludes …. Le sacre de Reims
11.9.2009 par admin.
Outre la conversion de Clovis, de nombreux rois ont été sacrés ou couronnés à Reims : Philippe Auguste, Louis IX, Henri III, Charles X.
Sans aucun doute inspirée par ces précédents, la Miviludes dans son immense égo et sa volonté de rétablir une monarchie absolue, celle de la pensée unique, voit aujourd’hui à Reims le couronnement de son action de laminage des libertés. Comment ?
Une banale affaire qui débute en 2004 à Reims au sein des services de l’aide sociale à l’enfance (ASE) du conseil général de la Marne. Trois éducateurs appartenant à ce service sont « accusés » d’appartenir à une secte. Première aberration ! En quoi l’appartenance à un mouvement culturel, cultuel, philosophique… serait constitutive d’une infraction, du moins dans une démocratie libérale, ce qui est encore le cas, du moins je l’espère, pour la France ? Cette appartenance serait préjudiciable aux enfants confiés à l’ASE ! Si tel était le cas, « l’intérêt de l’enfant » permettait de se séparer de tout agent public incompétent ou fautif selon les procédures propres à la fonction publique mutation voire radiation…
aberration ! Une éducatrice, considérée comme la « tête pensante » (lisez « la gourelle ») est incarcérée pendant plus de trois mois. Troisième aberration !
Aujourd’hui, cinq ans après, un juge d’instruction (vous savez, ce magistrat dont on envisage la disparition…) vient de dénouer cette (triste et lamentable) affaire. Les deux policiers chargés de cette affaire ont purement et simplement affabulé et monté de toutes pièces ce dossier. Quatrième aberration ! Bravo le code de déontologie policière qui fait obligation aux policiers de respecter les principes républicains et les libertés consacrées par notre Constitution.
Ces aberrations aux allures de monstruosités évoquées, reste l’odieux. Il se situe à un autre niveau. Celui des responsables nationaux qui ont mis en place et qui financent depuis des lustres des structures chargées de traquer les minorités, qui ont confisqué l’appareil d’Etat au profit de leurs thèses extrémistes, qui infiltrent les services publics et exercent de puissantes pressions sur les fonctionnaires par le biais de guides, de formations, de directives… afin de les transformer en chasseurs des pensées et pratiques non conformes. Nous voyons aujourd’hui le résultat de cette dérive de nos institutions avec le naufrage de Reims.
Policiers fautifs ? Certainement ! Ils relèvent du pénal et du disciplinaire. Mais les vrais responsables sont ceux qui ; de façon réfléchie mènent avec froideur une politique de discrimination qui, tôt ou tard, débouchera sur un drame. L’affaire de Reims ne constitue que les prémices d’une chronique écrite d’avance.
Optimiste par nature, je me dis que Reims a aussi été le témoin de la défaite de forces obscures. C’était le 7 mai 1945, le général américain Dwight Eisenhower recevait la capitulation sans condition des représentants de l’Allemagne. Compte tenu de cette chronologie, tous les espoirs sont permis. Le destin de Reims, grand lieu de l’Histoire, pourrait bien se poursuivre…
Pour la « petite histoire », la mère de Dwight Eisenhower était chrétienne Témoin de Jéhovah, son père était Mennonite ? Deux religions minoritaires qui ne sont pas en « odeur de sainteté » auprès de nos pourfendeurs de libertés. Pourtant, la contribution de ces deux cultes minoritaires à l’éducation de ce général américain, qui était très aimé de ses hommes pour ses qualités humaines, a été pour le moins déterminante…
« Douce France, oui berceau de mon enfance » (chanson de Charles Trenet)
Christian Paturel
Posté dans article | Imprimer | 1 commentaire »
UNE ASSEMBLEE SOUS LE SIGNE DE LA FRATERNITE INTERNATIONALE
19.8.2009 par admin.
« UNE ASSEMBLEE SOUS LE SIGNE DE LA FRATERNITE INTERNATIONALE …
Et une fée Carabosse qui s’invite »
Commentaire de l’interview donnée par le Président de la Miviludes au journal « Libération » en août 2009
L’assemblée internationale des chrétiens Témoins de Jéhovah s’est tenue, dans dix villes françaises, du 29 juillet au 1er août. Elle a réuni plus de 160.000 personnes et a fait l’objet d’excellents commentaires de la part des médias. Mais, à peine terminé, ce rassemblement a servi de prétexte au président de la Miviludes, pour réaliser un « tour de piste », tenter de raviver les cendres froides des préjugés, bref, pour essayer de ternir cette magnifique démonstration d’unité et de fraternité entre des personnes appartenant à des Etats, des ethnies, des peuples…différents. Carabosse n’aurait pas fait mieux.
Reprenons l’interview donnée au journal Libération par le représentant de l’incontournable Miviludes, qui décidément ne s’accorde aucun congé annuel. Le lecteur est en droit de penser, compte tenu du statut de cette « administration » (je n’ose pas encore parler « d’institution républicaine »), que cette dernière est mandatée par les plus hautes autorités de l’Etat. A défaut…
1 « La France est en pointe dans la lutte contre les dérives sectaires » selon le président de la Miviludes.
C’est possible, mais si tel est le cas, il n’ya vraiment pas de quoi se gargariser s’agissant de la Terre natale des Droits de l’Homme.
Certains se diront : « pour une fois que la France est en pointe, nous n’allons pas nous plaindre ». Certes ! Certes ! Mais tout de même… Il ne s’agit pas en la circonstance d’une médaille olympique, d’un brevet d’invention révolutionnaire, d’une politique géniale pour résoudre la crise mondiale… Hélas non ! Cette brillante déclaration concerne un domaine, disons…marginal, de notre société française, au sein duquel des personnes tentent, depuis des décennies, de s’écarter de l’autoroute tracée par la pensée unique en poursuivant, qui une vie cultuelle, qui des thérapies de substitution, qui une vie communautaire, qui un mode de vie autonome…. Où est le mal ? Où se situe le trouble à l’ordre public ? Qui détermine d’ailleurs cet « ordre public » ? Questions fondamentales qui sont posées, depuis des lustres, par les historiens et sociologues des religions, les juristes, les thérapeutes, les médecins…et Monsieur Tout le Monde. Questions qui demeurent sans réponse, la Pensée unique étant plus prolixe en matière d’agressions, de diffamations et de condamnations verbales et écrites.
Rappelons que « La lutte contre les sectes » est devenue, en raison de pressions internationales et d’une hypocrite volte-face des autorités françaises, la « lutte contre les dérives sectaires ». Mais, rien n’a changé, l’intolérance est toujours présente (voir articles précédents). Les initiateurs de cette guerre d’un autre âge n’ont même pas le courage d’assumer la responsabilité de leurs engagements politiques et de leurs actes. Triste et peu convaincant pour susciter un élan national.
« Dérives sectaires » ! Selon les déclarations de la Miviludes, qui serait par ailleurs très attachée à la liberté de religion (sic), son rôle se limiterait « à signaler les dérives sectaires », lesquelles correspondraient :
-
« à une emprise mentale ». Quid ? Faut-il y englober les opérations marketing qui conduisent d’infortunés citoyens fragilisés et abusés par des publicités de choc à acheter des biens dont ils n’ont pas besoin, avec de l’argent qu’ils n’ont pas, pour épater des personnes qu’ils ne connaissent pas ? Les campagnes électorales, compte tenu de certaines similitudes, sont-elles concernées ?
-
Ou « une mise en danger d’autrui ». Mais, il s’agit alors d’une infraction pénale visée à l’article L 121-3, L 223-1 suivants du code pénal. Infraction qui est de la compétence des autorités judiciaires. A ma connaissance, la Miviludes est une simple structure administrative !
Le recours « au faisceau d’indices » évoqué par le président de la Miviludes n’éclaire pas davantage l’observateur doté d’un minimum de bon sens. Ce faisceau d’indices procède d’une simple énumération de quelques infractions pénales pouvant être commises par tout individu. Quel est leur rapport avec « les dérives sectaires » ? Le raisonnement est pour le moins abscons. En s’en tenant « à la violation du code de la santé publique », il va falloir créer des « Miviludes bis » pour poursuivre les contrevenants aux règles sur les débits de boissons (il est vrai qu’entre le spirituel et les spiritueux, la confusion est possible).
Les « démêlées judiciaires » n’emportent pas plus la conviction. Il faudrait d’ailleurs préciser cet indice. Démêlées à titre de prévenu, de mise en examen, de témoin, de victime… ? S’agissant de cette dernière qualité, les nouveaux mouvements religieux qui sont régulièrement victimes de calomnies et de diffamations, deviennent suspects en raison du dépôt de plaintes. Une façon détournée de leur refuser les droits de la défense, le droit à un procès équitable. Comprenne qui pourra !
2 La création « d’un référentiel »
(Voir précédent article).
Apparemment des « dossiers » vont être constitués. Erreur et surtout horreur ! Des dossiers ont été constitués sous Vichy à l’encontre du peuple juif. Certains dossiers ont été conservés bien après la Libération… Que dit la CNIL ? Que disent nos élus nationaux qui sont chargés de veiller au respect de la Constitution et des libertés publiques ? Certes, nous sommes en période estivale et la France tourne au ralenti, mais tout de même…
Un grand « brouillard » règne quant aux personnes morales et physiques qui pourront accéder à ces dossiers et quant à l’usage qui pourra être fait des informations glanées. Espérons que « la nuit » ne succèdera pas au « brouillard » (« Nuit et Brouillard », quelle belle et émouvante chanson de Jean Ferrat).
Poursuivons :
-
« agrément des assistantes maternelles » ? Pourtant, parmi les conditions exigées pour obtenir cet agrément, la loi du 27 juin 2005 ne mentionne nullement les croyances ou pratiques religieuses, culturelles… de la candidate. La Miviludes serait-elle devenue Législateur ? Quelle ambition !
-
« location d’une salle communale ». La Mivuldes semble oublier que le droit de réunion a été fixé de façon très claire par le Conseil d’Etat dans un arrêt de… 1933 (arrêt Benjamin). Envisage-t-elle de casser cette jurisprudence bien établie et…empreinte de sagesse ? Quel appétit !******
3 Les chrétiens Témoins de Jéhovah
Le Président de la Miviludes ne pouvait pas se permettre d’oublier, dans sa critique, cette religion (qualificatif retenu par la Cour européenne des droits de l’Homme, le Conseil d’Etat…) chrétienne dont tout l’enseignement est basé sur la Bible. N’est-ce pas un « indice » attestant de son appartenance à notre civilisation judéo-chrétienne ? Heureusement, une large partie de la population n’est pas abusée par les campagnes dites « antisectes » (c’est vrai, vous parlez maintenant de « dérives sectaires », cette subtilité m’échappe toujours).
Reprenons quelques critiques formulées au nom de la Miviludes :
Après avoir admis (c’était dur, très dur) que les enfants Témoins de Jéhovah : « ne sont pas maltraités, sont soignés et vont à l’école de la République » (ne conviendrait-il pas de se préoccuper des parents qui précisément sont défaillants en ces domaines ?), le Président de la Miviludes s’insurge contre les parents qui diraient à ces jeunes têtes blondes que : « ce qui est enseigné n’est pas la vérité ». Ah bon ! Je n’ai pas souvenir d’avoir porté de telles accusations lorsque mes six enfants fréquentaient les établissements d’enseignement.
A propos, sur quels points précis porterait l’accusation selon laquelle la République mentirait ? En effet, l’interview pêche par manque de précisions, corrigeons cette défaillance qui, je l’espère, est involontaire (toujours accorder le bénéfice du doute à l’adversaire) :
-
S’agit-il du débat : création et évolution ? Les enfants apprennent à l’école la « théorie » (et non une vérité scientifique bien établie) de l’évolution qui est pourtant remise en cause par de nombreux scientifiques. La thèse.
-
Les parents, soucieux de l’instruction de leurs enfants, enseignent le récit de la Création. L’antithèse.
-
Puis, les jeunes se forgent leur propre opinion, preuve de leur maturité, de leur intelligence et de leur esprit critique. La synthèse.
-
Est-ce intolérable ? S’agissant de l’éducation de leurs propres enfants, les parents n’ont-ils plus droit au chapitre ? La convention de New-York reconnait les droits suivants à l’enfant : liberté de pensée, de conscience, de religion, responsabilité des parents d’élever et d’assurer le développement de l’enfant…
-
Une instruction qui serait uniquement dispensée, comme dans tous les pays totalitaire, par l’Etat ne répond nullement aux exigences de la convention internationale signée par la France. Que souhaite l’Etat français, avoir des citoyens ayant développé leur esprit critique, possédant un raisonnement logique, ou une génération de zombies ? Rappelons que Voltaire, lorsque Maupertuis lui exposa la « théorie » du transformisme qui préparait celle de l’évolutionniste Darwin, s’est exclamé : « Cela est fort beau, mais j’ai du mal à croire que je descends d’une morue ». Voltaire doit-il être interdit dans nos écoles ?
-
La transfusion de sang ? Il serait peut-être temps, en ce domaine, de tenir compte des avancées de la science et du revirement du corps médical. De s’interroger, sans pour autant mettre en place une « Miviludes ter », sur une réalité : pourquoi de plus en plus de personnes refusent cette thérapie pour des raisons exclusivement médicales ? De s’interroger quant aux conséquences de l’emploi du sang sur la santé des patients et…sur les dépenses publiques, le déficit de la sécurité sociale. A propos, en cas de refus d’une transfusion pour raisons médicales comment la Miviludes, sur la base de son « référentiel », effectuera-t-elle le clivage entre le bon sens/les droits du malade et « la dérive sectaire » ?
Sur ce, je n’ai pas souvenir que l’école m’ait appris l’exacte vérité sur, disons simplement certaines pages de l’histoire de France (aspect marginal d’une matière devenue elle-même, et de façon regrettable, marginale). Le mensonge par omission est une forme de mensonge. J’ai plus appris de mon père (qui n’était pas Témoin de Jéhovah) que des manuels scolaires d’histoire. Mon regretté père a pallié à cette lacune et m’a expliqué :
-
Que la France n’est pas passée du Second Empire à la Troisième République en douceur. Entre ces deux régimes il y a eu …la Commune de Paris, une guerre civile et des milliers de morts, de fusillés et de déportés. Ah bon !
-
Que la colonisation n’a jamais été une œuvre civilisatrice, bien au contraire. Tiens-donc !
-
Que la France républicaine n’a guère été accueillante avec les républicains…espagnols
-
Que les nombreux étrangers, résistants et combattants des forces libres, ont été honteusement oubliés après la deuxième guerre mondiale par la France. Oh !
-
Que la France, durant les heures sombres de l’Occupation, a montré un visage plutôt odieux. Est-ce possible ? Mais alors, l’image d’une France héroïque relèverait du mythe ?
Et aujourd’hui ? Les Témoins de Jéhovah sont-ils blâmables lorsque, dans le cadre de leur assemblée internationale, ils diffusent des invitations évoquant « l’effondrement du monde » ? Il est vrai que le message est pour le moins décalé par rapport aux nombreuses déclarations et annonces en tout genre qui sont destinées à rassurer l’opinion publique et qui constituent un curieux mélange de chloroforme, de poudre de perlimpinpin, Négligeons, tout comme la Miviludes, la liberté d’expression à laquelle je suis pourtant très attaché et attardons nous sur l’expression « effondrement du monde ».
Cette dernière, toujours selon la Miviludes, « peut avoir des conséquences sur des personnalités fragiles, des enfants. Cela peut engendrer des conduites antisociales ou autodestructrices ».
Quels sont les bases rationnelles et objectives permettant de telles affirmations, Des statistiques ont-elles été établies ? Y-a-t-il des précédents ? Les assistants à cette assemblée internationale ont-ils versé dans le terrorisme ? Ont-ils rejoint les hordes qui hantent les « zones de non-droit » (exprimé de façon plus directe : les portions du territoire français où les lois de la République ne s’appliquent plus) ?
En tout état de cause, l’éducation d’un enfant doit être construite sur la réalité, la vérité et non sur des fables, des contes, des illusions et des contre-vérités. L’information de tout citoyen, du moins dans une démocratie libérale, doit répondre aux mêmes exigences. Que la Miviludes aille expliquer aux victimes de la crise (chômeurs, épargnants, peuples du Tiers et du quart Monde…) que l’économie, la finance, le système monétaire mondiaux ne s’effondrent pas et que « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ».
Membres de la Miviludes :
-
Ne pensez-vous pas que les « certitudes » que vous tentez d’imposer à l’opinion française comme autant de sacro-saintes vérités, ne vous apparentent à des illuminés sectaires ?
-
N’avez-vous pas, en votre âme et conscience, le sentiment de manipuler une partie (qui se rétrécit de jour en jour) de l’opinion publique en agitant constamment, à tort et à travers, les vertus républicaines et le spectre des religions dites minoritaires ?
-
Ne vous sentez-vous pas isolés au sein de la communauté internationale ? N’êtes-vous jamais traversés par un doute affreux quant au bien fondé et la légitimité de votre entreprise ?
-
N’avez-vous jamais l’impression d’être les dociles instruments de la pensée unique, de l’intolérance et… d’une forme d’inquisition moderne ?
-
Ne réfléchissez-vous jamais au dénouement possible, probable, certain de votre « croisade » pour vos infortunées cibles et, qui sait, pour vous (« le retour de manivelle ») ?
N’oubliez pas que l’Histoire est un juge implacable et qu’elle s’écrit parfois du vivant des acteurs.
Posté dans article | Imprimer | 15 commentaires »
BONJOUR LES « TARTARIN »
21.6.2009 par admin.
DERNIER RAPPORT DE LA MIVILUDES
BONJOUR LES « TARTARIN »
Tartarin de Tarascon et ses amis se sont illustrés pour leurs admirables qualités de chasseurs de…casquettes. Certes, la faune ne pouvait que se réjouir quant au dévolu jeté sur des cibles aussi peu dangereuses qu’insolites.
La Miviludes, héritière de structures aux noms variés et dont le commun dénominateur a toujours été l’inutilité, fait preuve de la même « bravoure » (sic) en se gardant bien d’aborder les véritables dangers qui menacent la société française : l’intégrisme quel qu’il soit, les bandes organisées qui sévissent dans les grandes agglomérations, pour ne citer que ces deux phénomènes contemporains.
De fait, la Miviludes, dans son débordante et inlassable activité, préfère les safaris antisectes, la chasse aux petites communautés pacifiques, les battues aux thérapeutes, ces derniers constituent leur dernier « trophée ». Faute de réalisme et de courage, on tire sur les…casquettes. Remarquez, ça permet au moins d’occuper certaines personnes qui autrement n’auraient aucune chance de s’illustrer. Maintenant, « si c’est une œuvre sociale, alors là …! » (dialogue des « Tontons Flingueurs »).
Mais, me direz-vous, pourquoi s’offusquer pour une telle comédie, considérée par la communauté internationale comme une folie passagère voire, pour les plus optimistes, comme une grosse farce ? C’est que précisément, ce qui ne devrait être qu’un canular (tout comme les soucoupes volantes dans les années 50), un épisode certes peu glorieux mais sans trop de conséquence dans notre histoire nationale, suscite en France l’appui de certaines institutions, et non des moindres :
- Les média qui dans les autres démocraties libérales sont de véritables remparts protecteurs des libertés,
- Et les pouvoirs publics qui devraient être les garants de la trilogie républicaine « liberté, égalité, fraternité ». Les subventions publiques, l’appui moral qui se dégage de déclarations de certains responsables nationaux interpellent le citoyen doté d’un minimum de bon sens.
Les deux piliers ne sont pas à la hauteur de leurs responsabilités et obligations et font figure, au regard de l’opinion publique nationale et internationale, de « Précieuses ridicules ». Naïveté ? Complicité ? Peut-être un mélange des deux dans des proportions qui restent à déterminer…
Comment la France peut-elle être prise au sérieux avec de telles parties de « chasse à la casquette » quand l’ensemble de la planète se débat dans de graves difficultés dont le seul inventaire constituerait un exercice long, fastidieux et…difficilement exhaustif ?
Je pense que ces quelques lignes suffiront amplement à mesurer l’importance et l’intérêt que j’attache au dernier rapport de la Miviludes. Il s’agit d’une denrée frelatée dont la date de consommation coïncide avec la date de mise sur le marché. Il est déjà périmé…
Christian Paturel
Posté dans article | Imprimer | 4 commentaires »
LA PERIODE DU NEOLOGISME
18.3.2009 par admin.
Notre civilisation est régulièrement marquée par de grandes périodes : « les impressionnistes », « les cubistes », « les romantiques »… Depuis trente cinq ans, nous sommes entrés dans la période du néologisme qui se caractérise par l’emploi des mots dans un sens nouveau. Mais me direz-vous, le législateur n’a-t-il pas voté en 1994 une loi (la loi Toubon) aux fins de défendre notre glorieuse langue française ? Les pouvoirs et représentants publics (élus, fonctionnaires…) n’étaient-ils pas précisément invités à donner l’exemple ?
Vous avez parfaitement raison cher lecteur. Mais, le problème vient d’un groupuscule qui combat les « sectes ». A cette dernière expression, je préfère d’ailleurs celle de : « groupes religieux minoritaires » (empruntée à mon ami Régis Dericquebourg) et qui est plus appropriée sur les plans sociologique religieux, historique…).
En effet, dès l’origine de cette guerre d’un autre âge (qui, si elle se poursuit, va rejoindre en durée « la guerre de Cent ans »), le mot « secte »a été détourné de son sens originel pour revêtir une connotation franco-française (un brevet dont nous nous serions dispensés…) péjorative, intolérante et…ridicule. La période du néologisme venait de s’ouvrir avec la création des Unadfi-adfi, le rapport Vivien et autres denrées similaires.
Désirant sans doute s’illustrer et obtenir le trophée de la « perle » attribué chaque semaine par le Canard enchaîné, le groupuscule dit de la commission d’enquête parlementaire sur les sectes, dans un trait de génie doublé d’une envolée littéraire, formule dans son rapport public du 10 janvier 1996 « dix indices permettant de supposer l’éventuelle réalité de soupçons conduisant à qualifier comme secte un mouvement se présentant comme religieux ». Ouf ! Pas facile à décrypter le message : « la supposition d’une éventuelle réalité ». A l’époque, je me suis réfugié dans le dictionnaire Larousse aux fins de pallier mes faiblesses de vocabulaire. Voyons :
-
« supposition » : je lis « hypothèse, conjecture de l’esprit ».
-
« éventuelle » : je découvre « hypothétique, incertain, qui peut ou non se produire ». Bref, un mot d’origine normande « p’tete ben qu’oui, p’tete qu’non ».
Quant à « indice », nous avons « signe apparent rendant probable l’existence d’une chose ».
Je me précipite alors sur le mot « probable » (un vrai jeu de piste), qui est ainsi défini : « qui sans être absolument certain peut ou doit être tenu pour vrai plutôt que pour faux ».
Pas banal ce rapport parlementaire ! Unique en Europe ! Il fallait l’imaginer, et surtout oser le rédiger et le publier… J’ai cherché pendant plusieurs jours à comprendre cette pensée profonde. Y-avait-il un message subliminal ? Des symboles cachés (le mystère des cathédrales ?) ? Est-ce un langage ésotérique réservé à quelques initiés ?
Ainsi, sur des approximations (je n’ose parler de bases) aussi fragiles et ridicules, le rapport de 1996, faute d’être un chef d’œuvre de la littérature, sera médiatisé au maximum et marquera profondément et durablement la vie sociale française (mon épouse licenciée par son conseil général peut en témoigner. Voir articles précédents).
Certes, aujourd’hui en raison de la condamnation de la communauté internationale, ces farouches défenseurs du « prêt à penser », ces pourfendeurs de tout ce qui n’est pas estampillé « norme de conformité de la pensée unique », limitent leurs invectives aux seules (selon leurs affirmations) « dérives sectaires ». Ces deux termes ou cette expression n’ont jamais été définis.
Depuis 1996, j’attends avec une certaine curiosité des éléments complémentaires d’information. J’ai eu quelque espoir à la lecture des deux interviews données le 20 février 2009 au Figaro et au Progrès par le président de la Miviludes. Ma lanterne allait-elle être enfin éclairée ? Que nenny, que nenny braves gens. Non ! La période du néologisme n’est pas terminée !
Reprenons ces interviews et commençons par celle du Progrès :
La Miviludes envisage de « créer un outil de travail » (bazooka ? missile ?), « un outil général sur les pratiques condamnables ».
« Condamnables » ! Mais, il suffit de se référer au code pénal. Quelle est l’utilité d’un tel outil, même « général » ? Y aurait-il des interdictions voire des infractions propres à une certaine catégorie de citoyens ? Et notre trilogie républicaine « liberté, égalité, fraternité » que devient-elle ?
Une précision est toutefois donnée : « il ne s’agira pas d’une liste exhaustive de tous les mouvements ». Ah bon ! Sur ce, je suis à moitié rassuré. Une liste pourra être établie en précisant qu’elle n’est pas exhaustive. Précision qui permet à tout moment de faire entrer des invités oubliés…
Autre précision : « nous ne jetterons personne en pâture ». Là, il faut reconnaitre que ce sera un profond changement, une rupture avec le passé inauguré par le triste rapport Vivien qui, un jour, sera inévitablement jugé par l’Histoire. Le grand jeu national de la mise au pilori est-il définitivement enterré ?
Toujours est-il qu’à ce stade de ma lecture, je ne suis toujours pas plus avancé et encore moins convaincu.
-
Voyons si l’interview du Figaro nous apporte le complément indispensable, le fil d’Ariane souhaité pour notre étude de texte.
-
Selon la Miviludes : « ce n’est pas une liste mais plutôt un référentiel des mouvances à dérives sectaires ».
-
Si je comprends bien, arrêtez moi si je fais erreur, l’outil « liste » semble (restons prudent) définitivement abandonné.
Le reste est nettement moins clair. Qu’est ce qu’une « mouvance ». Tout bon vieux dictionnaire de langue française définit ainsi ce mot : « dépendance d’un domaine qui relève d’un fief supérieur. Relation de supériorité d’un fief à l’égard d’un domaine qui en relève » !!!! D’accord, c’est une guerre moyenâgeuse, mais tout de même… Je vois difficilement le rapport avec notre affaire. Les initiateurs de la lutte contre les « sectes », pardon, « les dérives sectaires », faute de respecter notre bloc constitutionnel de libertés pourraient au moins ne pas égratigner notre bonne langue française. Pour information, le mot « mouvement » et le terme « mouvoir » sont parfaitement expliqués dans le dictionnaire et semblent mieux convenir.
A ce stade de ma réflexion, j’avoue que le mot « mouvance », associé à l’expression « dérives sectaires », me plonge dans un véritable brouillard londonien. Un épais fog. Ah ces néologismes ! Leurs utilisateurs devraient fournir un mode d’emploi, un décrypteur.
Mais, avec une endurance qui frise l’héroïsme, je poursuis mes recherches en me persuadant que je vais inévitablement, à la longue, découvrir une précision capitale, un détail qui m’a échappé pour comprendre la nouvelle ligne politique de la mystérieuse Miviludes. Je m’attarde alors sur le mot « référentiel ». Que lis-je ? « Ensemble formé par un repère spatial constitué de trois plans rigides perpendiculaires deux à deux et une échelle du temps ». Limpide comme de l’eau de roche! Non ! A part le mot rigide qui, par association d’idées, me fait penser à Miviludes, Unadfi et autres consoeurs…je reste perplexe.
De toute évidence, de néologisme en néologisme, il est très difficile de savoir ce qui va guider la Miviludes dans l’avenir. Quand je pense que sur la base d’un tel salmigondis de néologismes, dont personne ne donnera le même sens, on prétendra établir un consensus dit national qui guidera, pour les années à venir l’Etat, les Administrations et autres moutons de Panurge… L’affaire devient ubuesque, à moins que ce ne soit Kafka revisité… Il est vrai que « les gens s’entendent parce qu’ils ne se comprennent pas, car s’ils se comprenaient, ils ne s’entendraient pas ».
Je me dis que le mot « référentiel », certes mal employé, a peut être un rapport avec celui de « référence ». Toujours équipé de mon dictionnaire de la langue française, je lis : « action de se référer à quelque chose par rapport à une autre. Exemple : indemnité fixée par référence à un indice ».
« Oui mais » (comme disait Valéry Giscard d’Estaing), quel est ce « quelque chose » ? La pensée unique ? Le débat reste ouvert…
Si les « déviances » (dont les contours sont à déterminer) « des mouvances » (terme à définir) « sectaires » (quid ?) s’apprécient comme l’indemnité donnée à titre d’exemple par le dictionnaire, il y a lieu de s’inquiéter. En effet, cette dernière est fixée par rapport à un « indice ». Le drame, c’est que la commission d’enquête parlementaire sur les sectes, dans son rapport de 1996, a fourni dix indices et un mode d’emploi qui a le mérite d’être gravé (faute d’être compréhensible), à savoir : « indices permettant de supposer l’éventuelle réalité de soupçons conduisant à qualifier et bla bla et bla bla… ».
Et nous voici de retour à la case départ (sans repasser par la case « chance »). Pas à dire, le débat avance à grand pas. Après le Siècle des Lumières, est-ce le siècle des chandelles ? La lumière de la France sur le plan international devient de plus en plus blafarde.
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »
écrivait Rabelais
J’ai envie de plagier et de dire que
« référentiel » sans l’essentiel, à savoir la tolérance, est ruine égale
Posté dans article | Imprimer | 4 commentaires »
La liberté religieuse en France : 20 ans d’expérience sur le terrain
26.1.2009 par admin.
« Vaste programme » pour reprendre une formule du Général de Gaulle.
Je souhaite simplement évoquer quelques thèmes de réflexion portant :
- d’une part sur « l’état des lieux » ;
- d’autre part sur l’avenir à court et moyen termes.
Trois remarques préalables :
Première remarque : En France, pays de droit écrit, les textes protégeant la LR ne font pas défaut. En ne s’attachant qu’aux textes fondamentaux citons :
- l’article 10 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26/08/1789 selon lequel : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses. »
Il est vrai que les liberticides s’attachent surtout à la deuxième partie de cet article, à savoir : « pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public ».
L’ordre public est par nature une notion qui fluctue selon l’état de la société. Dans l’esprit des anti-religieux, elle devient discrétionnaire, voire totalitaire.
Un tel désaccord se retrouve au niveau international s’agissant de la déclaration universelle des droits de l’homme. Les démocraties libérales et les dictatures n’ont pas les mêmes conceptions quant au sens et au contenu des libertés :
- la loi du 9/12/1905 dite de séparation des Églises et de l’État qui dispose en son article 1er que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».
Dès lors, la République laïque doit s’interdire toute discrimination, notamment celle qui pourrait se produire entre Églises établies et « sectes ».
De l’avis général, le bénéfice de ce texte législatif n’est nullement limité aux cultes qui existaient en 1905.
- La Constitution du 04/10/1958 qui, dans une formule frappée comme une médaille, réaffirme que la République est laïque ;
- enfin, la Convention de sauvegarde des Droits de l’homme et des libertés fondamentales de 1950 (ratifiée tardivement par la France) qui, en son article 9, reconnaît à toute personne le droit « à la liberté de pensée, de conscience et de religion » ainsi que « la liberté de manifester sa religion ou ses convictions ».
Nous le constatons, les écrits et déclarations ne manquent pas.
Deuxième remarque : Le respect de ces textes fondamentaux est régulièrement assuré par les juridictions françaises, tant judiciaires qu’administratives. Le juge administratif a ainsi :
- sanctionné à de très nombreuses reprises des refus illégaux de permis de construire des salles de culte de Témoins de Jéhovah ;
- reconnu le caractère cultuel des cérémonies des Témoins de Jéhovah ;
- accordé des exonérations fiscales à de nouveaux mouvements religieux.
Quant au juge judiciaire, de nombreuses décisions sont intervenues en faveur de membres de minorités religieuses en matière de :
- mariage (CA Grenoble 4/6/1991 G… c G…);
- garde d’enfants ;
- prestations sociales (mère célibataire membre appartenant à la communauté Horus à qui la CAF refusait le bénéfice d’allocations) ;
- refus du service national (condamnation avec non-inscription au casier judiciaire pour des adventistes, des mormons, des quakers, des Témoins de Jéhovah, des scientologues …) ;
- dissolution d’une association dont l’objet déclaré était de s’opposer à la construction d’une salle de culte (TGI Auch 06/11/2002).
Enfin, troisième remarque : régulièrement des déclarations et circulaires des gouvernements de la République française font souffler une bise de tolérance, de fraternité et … de légalité.
« Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.» Pour rester littéraires, ajoutons « ceci est une autre histoire ». Il s’en faut.
Reprenons nos trois précédentes remarques :
1/ LES TEXTES PROTECTEURS SUR LA LIBERTÉ RELIGIEUSE
Tout juriste sait pertinemment que les textes ne sont que des documents de papier. Faute de consensus général, leur valeur est nulle.
Or, les trois dernières décennies, (qui ne sont pas les « trois glorieuses » mais plutôt les « trois honteuses »), d’intoxication, de mensonges, de calomnies, d’agressions, ont permis au sein d’une société française pour le moins frileuse, la marginalisation des NMR sous un qualificatif chargé d’anathème : « les sectes », véritables épouvantails et boucs émissaires des temps modernes.
Des membres éminents des AAS et des personnalités politiques ne sont nullement gênés par la contradiction consistant, au sein d’une démocratie libérale, à refuser des droits fondamentaux, « naturels et sacrés » selon la Déclaration de 1789 aux minorités religieuses. Ces dernières, par nature, ne pourraient, selon ces opposants, se prévaloir de ces libertés. Hitler raisonnait de la même façon à l’égard des juifs, des noirs, des slaves, des Roms…, qu’il considérait comme des « sous-hommes ».
La gangrène qui affecte la société française est pour le moins inquiétante. Des textes législatifs récents (loi About-Picard de 2001) aggravent cette situation et constituent de véritables scories au sein d’un État de droit qui a la prétention de donner des leçons de libéralisme à la communauté internationale.
2/ LES JURISPRUDENCES FRANCAISES
Elles ne permettent pas d’attribuer sans réserve à nos juges le titre honorifique de « défenseur des libertés individuelles ».
Je pourrais évoquer dans ce cadre de multiples souvenirs professionnels et de tristes expériences personnelles. J’ai régulièrement vu des magistrats se départir de leur devoir et obligation de neutralité et exprimer, de façon plus ou moins visible, leur sentiment à l’égard de minorités religieuses.
J’ai déploré le placement de jeunes Témoins de Jéhovah refusant le service national au sein de cellules occupées par des délinquants de droit commun. L’un d’eux a été violé constamment durant son année d’emprisonnement par trois détenus. À sa libération, il s’est plongé dans un profond mutisme et a fini par se suicider.
J’ai assisté un coreligionnaire qui opérait comme salarié dans une entreprise en dépôt de bilan : 40 salariés dont 3 TJ. À l’époque il y a eu 53.584 dépôts de bilan en France. Sur la base de dénonciations, la procédure de redressement judiciaire a été doublée, ce qui est assez insolite, d’une enquête des RG. Ce TJ qui était simple commercial avec le statut de salarié a été, en violation du droit commercial, qualifié de dirigeant de fait et placé en détention provisoire durant … 2 mois.
J’ai été un témoin privilégié à la lente destruction de la petite communauté Horus. Ma propre « affaire » est pour le moins édifiante :
- la publication (ô combien difficile) du livre « Sectes, religions et libertés publiques » dénonçant les pratiques et dérives de l’Unadfi me valut une plainte pénale pour diffamation ;
- mes deux avocats successifs ont été victimes de pressions ;
- l’avocat à la Cour de cassation chargé de ce dossier a refusé par la suite de traiter une deuxième affaire me concernant, ce refus est intervenu sans examiner le dossier ;
- lors de l’audience correctionnelle, accompagné d’un avocat inexistant, j’ai dû affronter un tribunal qui évoquait plus les « tricoteuses » de la Révolution, que la juridiction modèle décrite à l’article 6 de la CEDH.
La présidente de la 17e Ch. correctionnelle du TGI de Paris, dans sa dérive, s’est même permise de me demander publiquement si j’étais Témoin de Jéhovah.
L’évocation de mon appartenance religieuse figure d’ailleurs expressément dans le jugement rendu. Ce dernier a été « confirmé en tous points » par la cour d’appel de Paris et la Cour de cassation :
- après l’audience de cour d’appel, mon avocat et ami m’a dit : « tu sais Christian, j’ai mouillé ma chemise, et fait le maximum, mais ne te fais pas d’illusion, ton affaire est politique » ;
- cette lamentable affaire a eu le mérite de susciter ma révolte et de me décider de plaider seul en CEDH ;
- elle connaîtra un heureux dénouement le 22 décembre 2005, puisque la CEDH, à l’unanimité des juges, dont le juge français, condamnera la France pour violation de l’article 10 sur la liberté d’expression.
La Cour européenne a décidé :
- « qu’en exigeant du requérant qu’il prouve la véracité des extraits litigieux, au demeurant sortis du contexte général de l’ouvrage, tout en écartant systématiquement les nombreux documents produits à l’appui de sa défense, et ce en lui opposant de manière récurrente une prétendue partialité et une animosité personnelle principalement déduite de sa qualité de membre d’une association qualifiée de secte par la partie civile, les juridictions françaises ont excédé la marge d’appréciation dont elles disposaient ».
Les juges européens rappellent au passage, en particulier à l’Unadfi, (partie civile) :
- « que les associations s’exposent à un contrôle minutieux lorsqu’elles descendent dans l’arène du débat public et que, dès lors qu’elles sont actives dans le domaine public, elles doivent faire preuve d’un plus grand degré de tolérance à l’égard des critiques formulées par des opposants au sujet de leurs objectifs et des moyens mis en œuvre dans le débat ».
En matière familiale, la CEDH a condamné la France pour discrimination religieuse censurant ainsi trois juridictions françaises successives (TGI, CA et Cour de cassation) qui avaient « opéré entre les parents une différence de traitement reposant sur la religion (arrêt 16/12/2003 Serafine Palu-Martinez).
En matière fiscale, l’Église des Témoins de Jéhovah, victime d’un redressement fiscal particulièrement ciblé, (45,7 millions d’euros), discriminatoire et illégal (non respect des articles 757 et 795-10 du CGI) a été contrainte de porter son dossier devant la CEDH.
Cette affaire est particulièrement grave. De nombreux cultes et, en tout état de cause, 800 000 associations loi 1901 devraient, en toute logique (ne parlons pas de légalité et encore moins d’équité) subir une telle « mise à mort ».
Liberté religieuse, liberté d’association – il est vrai que la liberté n’est pas divisible.
La jurisprudence française n’est donc pas uniforme ; elle ressemble plutôt à un habit d’Arlequin.
3/ QUANT AUX POUVOIRS PUBLICS
La politique menée par tous les gouvernements successifs depuis plus de 30 ans, est marquée du sceau de l’hypocrisie. Il est vrai que cette dernière est devenue pratique courante, tant sur la scène nationale qu’au plan international. Certes, la République n’a jamais été tolérante, ni tendre si on se remémore les guerres de Vendée, la Commune de Paris, la période noire de Vichy, la colonisation – décolonisation.
Selon une technique inspirée de Machiavel, régulièrement des déclarations qui se veulent apaisantes et qui rappellent les grandes libertés : liberté de conscience, de culte, de réunion, d’association … tombent.
Le problème est que ces belles paroles ne coïncident pas avec la réalité et les faits.
Car enfin, que révèlent les faits ? :
- les associations dites anti-sectes sont largement subventionnées par des fonds publics ;
- l’une de ces associations (Unadfi) a été reconnue d’utilité publique par le Gouvernement ;
- les « commissions », « observatoires », « missions », les « rapports », pour étudier (avec un canon de 75) les sectes se suivent : rapport Vivien (1983) rapport Guyard (1995), « Observatoire des sectes (1996) Mils (1998), Miviludes (2002).
Que d’argent, que de temps, que de moyens (disproportionnés) sont ainsi gaspillés alors que les grands problèmes de société sont occultés.
Depuis plus de trente ans les politiques menées et les dispositions prises par les gouvernements successifs ont permis :
- de condamner et de livrer à un véritable lynchage médiatique des centaines de groupes ;
- de tolérer des discriminations à l’égard des membres desdits groupes notamment à l’égard de leurs enfants ;
- de favoriser l’intolérance et les divisions au sein du corps social.
Et ces mêmes gouvernements de s’étonner de la multiplication des actes racistes, l’existence de textes constitutionnels, internationaux, législatifs, protégeant la liberté religieuse ainsi que les vives critiques de la communauté internationale, (résolution 2002 du Conseil de l’Europe notamment) n’ont nullement infléchi cette froide détermination de nos gouvernants.
Le bilan sur la liberté religieuse serait-il en demi-teinte ?
De fait, les observateurs étrangers sont pour le moins dubitatifs devant cette particularité française. La France « pays des droits de l’homme » a perdu son auréole. Ainsi le rapport 2006 de l’ONU souligne que « la complexité de la situation fait qu’il n’est pas facile d’en tirer les conclusions (…) » et met en relief « un certain nombre de sujets de préoccupation ».
Il existe, il est vrai, des sujets de préoccupations apparents. Toutes nos démocraties libérales sont fondées sur le principe dit de « séparation des pouvoirs ».
« Le pouvoir arrête le pouvoir » écrivait Montesquieu.
S’agissant des trois pouvoirs classiques, en France, le législatif et l’exécutif c’est « bonnet blanc et blanc bonnet » disait Jacques Duclos. Quant au judiciaire, il n’est pas toujours à la hauteur de ses responsabilités.
Deux autres pouvoirs sont apparus : les médias et la finance. Au vu du dossier sur les NMR, les médias n’ont ni apporté le contradictoire, ni cherché à établir « la vérité » comme le font leurs homologues des États-Unis. Ils se contentent d’aboyer avec la meute. Il est vrai qu’ils sont dirigés par la Finance qui au travers de grands groupes possédés par quelques individus, est devenue internationale et surtout toute puissante.
Ainsi, la protection résultant de la « séparation des pouvoirs » n’opère plus au pays des droits de l’homme. Il est difficile, sinon impossible, de publier un livre qui exprimerait les droits de la défense des minorités. « Le système » est parfaitement verrouillé.
Les rédacteurs de la Déclaration de 1789 « considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements » proclament à l’article 16 :
« Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution ».
La France a une telle constitution et garantit les droits, du moins sur le papier. La réalité prend ses aises par rapport aux textes.
Mais il existe des sujets de préoccupation moins apparents. Une analyse rétrospective sur vingt ans permet de déceler l’approche d’un tsunami.
Voici quelques éléments que je livre à votre réflexion :
1/ La communauté internationale a basculé dans l’athéisme il y a trente à quarante ans ;
2/ À la même époque, un réseau mondial d’organisations anti-sectes a été mis en place ;
3/ Assez curieusement, ces dernières ont immédiatement bénéficié d’appuis financiers, politiques, médiatiques puissants. D’aucuns dénoncent la « pensée unique » qui cherche à niveler, uniformiser, standardiser les modes de pensée ;
4/ À l’origine ces structures n’agressaient que les « petits groupes », les « micros communautés » ;
5/ Un virage a été amorcé avec le rapport Guyard de 1996. Ce dernier a suscité, à juste raison, l’inquiétude de l’Épiscopat français et de la Fédération protestante de France ;
6/ Cette inquiétude était fondée. Aujourd’hui, des groupes qui étaient épargnés subissent des agressions caractérisées et sont qualifiés de « sectaires » (Pentecôtistes, Évangélistes, certaines communautés catholiques, …). Visiblement le champ de bataille s’élargit. Dans cette logique, les grandes religions ne devraient pas tarder à subir un assaut tous azimuts. L’objectif final n’est-il pas de faire disparaître tout le religieux ?
7/ Cet objectif pourrait avoir un fondement « légal » au niveau international. Certains travaux de l’ONU interpellent l’observateur. Il y a 30 ans, une résolution a été adoptée au cours de la session « Le droit à la Vie ». Sur cette base, un État qui affirmerait que sa « sécurité est en jeu » ou qu’il y a « menace à la paix » pourrait avec l’assentiment de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, suspendre « tous les autres droits humains, que ce soit la liberté d’expression, de pratiquer une religion, de se réunir … ». À ma connaissance, cette résolution n’a jamais été rapportée.
Quand ils sont venus chercher
Les communistes
Je n’ai rien dit
Quand ils sont venus chercher
Les juifs
Je n’ai rien dit
Quand ils sont venus chercher
Les syndicalistes
Je n’ai rien dit
Quand ils sont venus me prendre
Il n’y avait plus personne
Pour me défendre …
Pasteur Niemöller
Dachau 1942
Posté dans article | Imprimer | Aucun commentaire »






